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II

EXTRAIT D’UNE LETTRE DE LA SŒUR

JACQUELINE DE SAINTE-EUPHEMIE PASCAL

A MADAME PERIER SA SOEUR

Ce Vendredy 31. Mars, apres-midy [1656].

.... M. d’Alançay est venu ce matin. Mais avant que vous dire en quel estat il a trouvé la petite, il faut vous dire celuy où il l’avoit vue, premierement seul avec quelques-unes de nos sœurs, et ensuite en presence de M. Renaudot et de M. Desmarets qui est de la maison de Bailleul. Tous trois sont temoins qu’elle avoit non-seulement le coin de l’œil, mais le dessous et la joue visiblement enflez ; surtout le coin de l’œil l’estoit beaucoup ; que quand on le pressoit, il en sortoit de la boue, n’estoit qu’on l’eust pressé peu auparavant, en quel cas il ne sortoit que de l’eau plus ou moins epaisse, en moindre ou plus grande quantité une fois que l’autre, sans regle, mais on ne le pressoit [pas] sans faire sortir quelque chose, pourveu qu’elle eust demeuré la longueur d’un pater sans le presser. Lorsqu’on l’avoit bien pressé, l’enflure ne paroissoit plus, mais elle revenoit petit à petit en commençant un quart d’heure apres, et en deux ou trois heures elle estoit revenue comme devant ; lorsqu’on le pressoit bien, il en sortoit de la boue par l’œil et par le nez, mais non pas en assez grande quantité pour desemplir cette poche qui ne paroissoit plus, car elle estoit fort grosse ; ce qui fit