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324 OEUVRES

que la bonne veuve Madame Racine s’en évanouit (Journal de Baudry d’Asson de Saint Gilles).

Dans ces circonstances, le miracle, opéré par la Sainte Épine au monastère de Paris, fut considéré par ceux qui étaient persécutés comme une preuve que Dieu était avec eux.

Voici comment la relique fut apportée au monastère, d’après la 26e Relation sur la vie de la Reverende mere Marie des Anges [Suyreau] 1 , alors abbesse.

« .....Le lundi de la 3 e sepmaine de Caresme de l’an 1655 [sic], on eut nouvelle certaine que le Conseil se devait tenir pour conclure la dispersion des Religieuses de P. R., et que l’on avoit vu la liste sur la toilette de la Reyne. Cette verité de laquelle on ne pouvoit douter ayant mis l’allarme dans P. R, la Mere en sentant vivement le coup, voulut s’opposer à la colere de Dieu en luy offrant le sacrifice de ses prieres. Elle revint donc à sa chambre et dit à la Sr Candide : Ma fille il faut tout quitter, et ne s’appliquer plus qu’à fleschir la Misericorde de Dieu. Car si Dieu n’a pitié de nous la Maison est perdue. On doit tenir le Conseil pour conclure à nostre dispersion, et cela est asseuré. Il faut détourner ce mal en implorant jour et nuit la misericorde de Dieu. Pour cela je m’en vas estre trois jours, et trois nuits, en prieres continuelles. Je passeray tous les jours à la Tribune devant le St Sacrement. Je vous en avertis afin que vous ne soyez pas en peine, et que vous ne me détourniez pas. Faites vistement vos affaires, et venez prier Dieu tout le temps que vous pourrez. Il faut fleschir sa miséricorde. Elle commença donc le

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1. Cette vie a été imprimée en 1787 ; elle a été écrite par la Mère Eustoquie de Brégy « sur les mémoires qui luy ont esté fournis par la Sr Candide, Religieuse de Maubuisson, qui les avoit dressez à la sollicitation de la Mere Angelique à mesure que les choses arrivoient. » (Avertissement à cette Vie. dicté en 1785 par Nicole, après une enquête personnelle). Nous donnons le texte d’après une ancienne copie que possède M. A. Gazier. Elle présente avec l’imprimé de notables différences.