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ŒUVRES

p. 1019. Art. XXIV . — XII. Exemple. De ceux qui perdent fort jeunes l’innocence de leur Baptesme.

... Mais sans avoir besoin de consulter les siècles passez, il ne trouvera que trop d’exemples dans le nostre de ces déplorables cheutes... Il n’en sçait luy-mesme que trop s’il s’est un peu meslé du gouvernement des consciences. Ou s’il ne s’y est pas employé, il a des amis qui y travaillent tous les jours... [p. 257].

p. 1048. Art. XXIX .... Vous dittes aux ignorans qu’il n’y a point d’homme quelque libertin, et quelque impie qu’il puisse estre, qui ne reçoive de Dieu la grace necessaire pour resister aux tentations qui le portent dans le peché. Et peut-estre qu’ils sont si simples que de vous croire, parce qu’ils ne sçavent pas ce que vous entendez par le nom de grace. Mais expliquez-vous d’avantage, et dittes leur:... Qu’eux-mesmes n’offensent jamais Dieu par ignorance ou par passion, qu’ils n’ayent la pensée et le mouvement de ne le point offenser : Et alors je suis asseuré, que pour peu qu’ils ayent de lumiere et de sens commun, non seulement ils ne vous en croiront pas, mais qu’ils s’estonneront de la hardiesse avec laquelle vous leur osez proposer pour des veritez indubitables des faussetez si visibles ; et que si ce sont des personnes qui n’ayent pas tousjours vescu Chrestiennement, ils ne pourront s’empescher de dire en eux-mesmes. Je ne sçay que trop par ma propre experience 1..... [p. 257 sq.].

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1. Toute cette discussion a été reprise, de façon plus abrégée, par Arnauld, dans sa Lettre à un duc et pair, p. 206 sqq. ; Arnauld reproduit à nouveau, p. 210, entre autres phrases de saint Augustin, celle-ci qu’il avait citée dans la seconde édition de l’ Apologie pour les Saints Pères, ch. XIV, et que Pascal reprendra (cf. infra p. 265) : Necesse est ut peccet à quo ignoratur justitia.... Op. ult. in Julian. lib. I. nu. 108. Il renvoie, sans le citer, au passage des Retractationes lib. I. c. 16. que Pascal cite p. 269 et qu’Arnauld lui-même reproduit ensuite dans sa Dissertatio Theologica Quadripartita publiée vers juin 1656 (pars. III. art. XV.) : Nam et qui nesciens peccavit, non incongruenter nolens peccasse dici potest, quamvis et ipse quod nesciens