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QUATRIÈME PROVINCIALE. — INTRODUCTION 231

« La reflexion du Chevalier de Messé frappa Messieurs de Port-Royal : ils en sentirent la solidité. Et aussi-tôt M. Paschal entreprit les Casuistes par sa quatrième Lettre. »

La diversité des sources d’information donne un certain crédit à l’anecdote ; il semble aussi, et la chose est assez piquante, que cette nouvelle tactique ait à la même époque été suggérée à Arnauld et à Pascal parle P. Hilarion, l’un des théologiens les plus écoutés alors à Rome, et très en faveur auprès du puissant cardinal Barberin. Arnauld était régulièrement tenu au courant des affaires d’Italie par un gentilhomme siennois dont nous aurons souvent à mentionner le nom, Gosimo Brunetti ; le journal d’Asson de St Gilles nous apprend qu’il reçut de lui, à la fin de février, une lettre écrite de Rome le 27 janvier ; Brunetti y rapportait un entretien de quatre heures qu’il avait eu le jour même avec le P. Hilarion. Hermant (Mémoires, T. III, p. 46 sqq.) donne un long résumé de cette lettre. Le Père Hilarion avait dit très nettement « qu’il ne faudroit plus parler des propositions condamnées », mais il concluait qu’ « il eût mieux valu attaquer les Jesuites sur la morale que sur la grace, parce que par leur doctrine sur les mœurs ils renversent toutes les regles de la pieté chrétienne et les dogmes de la foy : ils introduisent des erreurs damnables, ils decrient les autres religieux jusques dans les chaires afin d’attirer toutes les aumones ; ils reduisent à rien le clergé en unissant autant qu’ils peuvent les benefices à leurs maisons ; ils desesperent les seculiers en les depouillant de leurs propres biens et les frustrant de l’heritage de leurs peres, d’où il arrivera bientost que les Jesuites ruineront tout le monde, ou que le monde les detruira ».

II — SOURCES

Pour tout ce qui a rapport à la discussion sur la grâce actuelle, Pascal a très largement puisé dans l’Apologie des Saints Pères qu’ Arnauld écrivit en 1651, afin de réfuter les théories du docteur Le Moine. A cet ancien adversaire, Pascal en joi-