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INTRODUCTION

I. - HISTORIQUE

Depuis que la censure avait été votée en Sorbonne, la lutte devenait plus vive chaque jour. Les Provinciales se répandaient partout ; leur succès croissant irritait de plus en plus les ennemis de Port-Royal. Le 11 février, Pontchâteau écrit dans son Journal (Mémoires manuscrits de Beaubrun, T. II, p. 422) : « Hier 10e febvrier après le souper en Sorbonne, il y eut grande contestation entre les Docteurs Molinistes et les disciples de S. Augustin sur le sujet de la Seconde Lettre au Provincial. M. Morel dit que c’estoit la methode des heretiques d’escrire contre les Censures de la Faculté et que Calvin en avoit usé de cette maniere ; M. le Meusnier [sic] luy dit qu’il y avoit bien de la difference, parce que Calvin parloit contre les Censures de la Faculté qui avoient determiné des choses de foy, mais que cette lettre ne parloit que de la maniere dont les choses se passoient; ledit Sr Morel s’emporta extraordinairement contre M. Meusnier et M. Queras, leur dit qu’ils estoient des heretiques, qu’ils ne recevoient ny le Concile de Trente, ny la Constitution d’Innocent X. quoy qu’ils en fissent semblant, qu’ils n’en seroient pas les juges, mais l’Eglise et qu’on leur feroit voir dans quelque temps. Ils mandient de tous costez des signatures pour la censure et surtout des Curez de Paris, parce qu’il y en a eu beaucoup dans la question de fait pour M. Arnauld, afin qu’ayant leurs signatures ils les envoyent à Rome pour leur pouvoir dire que tels et tels ont tourné casaque et qu’ils peuvent sans s’exposer envoyer une confirmation de la Censure de la Faculté. »

Et d’Asson de Saint Gilles note le 12 février : « La 3e Lettre