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214 ŒUVRES

gens se voyant trompez dans leur esperance, sont entrez en mauvaise humeur, et s’en prennent aux Censeurs mesmes. Ils tirent de leur conduite des consequences admirables pour l’innocence de M. Arnauld. Et quoy, disent-ils, estce là tout ce qu’ont pu faire durant si long-temps tant de Docteurs si acharnez sur un seul, que de ne trouver dans tous ses ouvrages que trois lignes à reprendre, et qui sont tirées des propres paroles des plus grands Docteurs de l’Eglise grecque et latine ? Y a-t’il un auteur qu’on veüille perdre, dont les escrits n’en donnent un plus spécieux prétexte ? Et quelle plus haute marque peut- on produire 1 de la vérité de la foy de cet illustre accusé ?

D’où vient, disent-ils, qu’on pousse tant d’imprécations qui se trouvent dans cette Censure, où l’on assemble tous 2 les plus terribles termes de poison, de peste, d’horreur, de temerité, d’impieté, de blaspheme, d’abomination, d’execration, d’anatheme, d’ heresie, qui sont les plus horribles expressions qu’on pourroit former contre Arius, 3 et contre l’Antechrist mesme, pour combatre une heresie imperceptible, et encore sans la découvrir 4 ? Si c’est contre les paroles des Peres qu’on agit de la sorte, où est la foy et la Tradition ? Si c’est contre la proposition de M. Arnauld? Qu’on nous monstre en quoy elle

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1. B. de la vérité, manque; W. ad.... fidem probindam.

2. A 2 B. [ces] termes.

3. P’ . et, manque.

4. Cf. cette note de Pascal (Pensées, fr. 925, T. III, p. 355) : « Que ne choisissiez-vous quelque grosse heresie ! »