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estre touchez que de celuy de la verité et de la justice [p. 221]. Qu’il est bien estrange que ceux qui soustiennent que deux Theologiens ou deux Casuistes suffisent pour rendre une opinion probable, laquelle on peut tenir en toute seureté de conscience, quoy qu’elle soit combattue par beaucoup d’autres, pretendissent en mesme temps que plus de soixante Docteurs de Sorbonne ne suffisent pas pour rendre au moins probable ce qu’ils croyent et qu’ils montrent si clairement estre la doctrine de saint Augustin ; et pour asseurer la conscience de ceux qui les suivent autant au moins que pourroit faire l’autorité de deux Casuistes : Qu’apres tant de livres si solides et si convainquants toutes les personnes raisonnables sont peu disposées à faire beaucoup de cas d’une censure, qui ne seroit que doctrinalle et non juridique, quand elle auroit esté faite selon toutes les formes, et qui ne sçauroit estre qu’illegitime estant accompagnée de tant de nullitez essentielles ; et qu’enfin ceux qui ont recours à des voyes si irregulieres, et si peu dignes de gens d’honneur, monstrent bien, qu’il est plus aisé d’avoir dix Cordeliers en reserve pour faire nombre dans une assemblée, que de se justifier par de bons livres des erreurs et des hérésies dont ils ont esté convaincus par écrit, et dont leurs adversaires s’offrent encore de les convaincre de vive voix, toutes les fois qu’ils entreprendront de soustenir leurs nouveautez dans une conference réglée... [p. 217].


B. — ÉCRITS THÉOLOGIQUES D’ARNAULD 1

ARNAULD. — Seconde Lettre à un duc et pair.


p. 219. Croirons nous que S. Augustin a reconnu que

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1. Nous donnons des extraits de quatre écrits d’Arnauld, antérieurs ou postérieurs à la troisième Provinciale, pour montrer comment l’argumentation devient de plus en plus serrée, et établir la collaboration manifeste d’Arnauld à l’écrit de Pascal, cf. supra p. 195.