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souvenir de son confrere qui a esté relégué à Abbeville pour un sujet semblable 1 .

Mais, luy dis-je, pourquoy vostre Communauté s’est-elle engagée à admettre cette grace 2 ? C’est un autre discours, me dit-il. Tout ce que je vous 3 en puis dire en un mot, est que nostre Ordre a soustenu autant qu’il a peu 4 la doctrine de S. Thomas touchant la grace efficace. Combien s’est-il opposé ardemment à la naissance de la doctrine de Molina. Combien a-t-il travaillé pour l’establissement de la nécessité de la grace efficace de J. C. Ignorez-vous ce qui se fit sous Clement VIII. et Paul V. et que la mort prevenant l’un, et quelques affaires d’Italie empeschant l’autre de publier sa Bulle, nos armes sont demeurées au Vatican 5 . Mais les Jesuites qui dés le commencement de l’heresie de Luther et 6 de

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1. W. quod se alicubi forticulum præstare voluisset. — Il s’agit d’un jacobin de la rue Saint-Honoré qui, en juillet 1655, avait fait une thèse sur la grâce et fut relégué à Abbeville, par suite de l’intervention du nonce et du chancelier (cf. Hermant, Mémoires, T. II, p. 689). Une note marginale d’un exemplaire de cette Provinciale (Bibliothèque Nationale, Réserve D. 4087) dit qu’il se nommait Philippe Bourdereau et était premier régent de théologie (cf. Molinier, édition des Provinciales, T. II, p. 212). Hermant ajoute que, sur l’ordre qui leur avait été transmis, les Jacobins avaient immédiatement renoncé à la soutenance publique de la thèse suspecte aux « partisans de Molina ».

2. W. hoc gratiæ genus.

3. B. en, manque.

4. W. acerrime noster Ordo tutatus est quoad potuit.

5. Cf. pour cette histoire des congrégations de Auxiliis, supra p. 160, note 1.

6. A. de, manque. — « Luther avait été excommunié en 1520, et Loyola n’arrêta les statuts de son Ordre qu’en 1540 : ce que dit ici Pascal du « commencement de l’hérésie de Luther et de Calvin » doit s’entendre de l’époque où leurs doctrines, ayant acquis le droit