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Conformément aux principes exposés en tête de notre édition, nous avons reproduit le texte de l’édition princeps, qui représente la première forme de la pensée de Pascal. C’est d’ailleurs celui que la critique s’accorde aujourd’hui à regarder comme le meilleur. Les modifications apportées en 1657 ou en 1659 sont en général ou des atténuations de la pensée, ou des éclaircissements destinés à éviter les accusations d’équivoque. Souvent aussi on y trouve des adoucissements de style, des rajeunissements apportés dans les constructions de syntaxe, où l’on reconnaît la main de Nicole ou d’Arnauld, — de Nicole surtout — ; grammairiens formés à l’école de Vaugelas, ils trouvaient trop archaïque et parfois trop brutal le style de Pascal. Les modifications ont néanmoins été approuvées ou tolérées par l’auteur, et il est essentiel de les donner en variantes. Il en est de même pour le texte latin : la traduction a été faite de l’aveu de Pascal, et Pascal l’a revue comme le déclare formellement Wendrock : « Has Epistolas Latinè jam expressas ad ipsum Montaltium curavi transmittendas, quas ille et emendare, et emendatas probare dignatus est » ; nous en indiquerons tous les passages utiles pour l’établissement du texte ou l’interprétation de la pensée. Nous donnons, pour la première Provinciale seulement, le texte complet de Wendrock.

Toutes les fois que nous avons pu déterminer le plus ancien des exemplaires de l’édition princeps in-4°, nous l’avons reproduit de préférence aux autres. Nous voudrions, à propos de la première Provinciale, montrer comment on peut distinguer les différentes variétés et les grouper en familles[1]. Les exemples donnés seront tirés, autant que possible, de la première page, dont nous donnons le fac-similé p. 118.

  1. Cf. sur toute cette question bibliographique l’édition Molinier, qui a présenté un essai de classification des exemplaires de l’édition princeps. Un travail du même genre avait été préparé par Basse, Bulletin du bibliophile, 1870, p. 58 sq. — Voir aussi l’article très documenté de L. Batiffol : L’impression clandestine des « Provinciales » de Pascal (Revue Hebdomadaire du 17 août 1912).