Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/197

Cette page n’a pas encore été corrigée


93

EXTRAITS DE LA SECONDE LETTRE

DE MONSIEUR ARNAULD

A UN DUC ET PAIR DE FRANCE

QUESTION DE FAIT.

p. 48. .... Et comme [ce Seigneur] connoit parfaitement [la] sincérité [de ses amis], il n’a jamais esté plus edifié de leur conduite que depuis cette Constitution [d’Innocent X.] ; parce qu’il n’a jamais mieux reconnu l’esprit tout catholique qui les anime, que lors qu’il les a veus tres-sincerement soûmis à ce decret du feu Pape ; quoy que leurs adversaires en fissent de grands trophées par toute la France ; quoy qu’ils s’en servissent pour les traitter dans plusieurs escrits d’heretiques déclarez ; pour les deshonorer dans les chaires des Eglises, en les joignant à toute heure avec Luther et Calvin, dont ils detestent les heresies ; pour les representer dans les tragedies de leurs colleges, comme des furies sorties de l’enfer, armées de serpens et de flambeaux : lors qu’ils s’occupoient à prier Dieu et à lire les livres des Peres dans une retraitte toute tranquille, et une solitude toute sainte : pour les decrier dans la Cour par des calomnies publiques, et travailler sans cesse à les opprimer et à les perdre par des poursuittes et par des conspirations secrettes.

.... Ce Seigneur a fort bien jugé, que cette épreuve de l’humilité, et de la moderation de ses amis justifioit, que n’ayant defendû que la pure doctrine de S. Augustin, et non ces propositions condamnées, qu’ils ont tousjours regardées comme forgées par les partisans des sentimens con-