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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/90

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vrayes les Maximes posées cy-dessus, et enoncees du vuide absolu comme elles l’ont esté de l’apparent, sçavoir en cette sorte.


maximes


i. Que tous les corps ont repugnance à se separer l’un de l’autre, et admettre du vuide dans leur intervalle ; c’est à dire que la Nature abhorre le vuide.

2. Que cette horreur ou repugnance qu’ont tous les corps n’est pas plus grande pour admettre un grand vuide qu’un petit, c’est-à-dire pour s’esloigner d’un grand intervalle que d’un petit.

3. Que la force de cette horreur est limitée, et pareille à celle avec laquelle de l’eau d’une certaine hauteur, qui est à peu prés de trente et un pieds, tend à couler en bas.

4. Que les corps qui bornent ce vuide ont inclination à le remplir.

5. Que cette inclination n’est pas plus forte pour remplir un grand vuide qu’un petit.

6. Que la force de cette inclination est limitée, et tousjours égale à celle avec laquelle l’eau d’une certaine hauteur, qui est environ de trente et un pied, tend à couler en bas.

7. Qu’une force plus grande de si peu que l’on voudra, que celle avec laquelle l’eau de la hauteur de trente et un pied tend à couler en bas, suffît pour faire admettre du vuide, et mesme si grand que l’on voudra : c’est à dire, à faire des-unir les corps d’un