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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/576

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saintes paroles ne prennent point en nous, comme il l’a dit luy mesme.

Ce n’est pas que je souhaitte que vous soyez sans ressentiment: le coup est trop sensible, il seroit mesme insupportable sans un secours surnaturel. Il n’est donc pas juste aussy que nous soyons sans^ douleur comme des Anges qui n’ont aucun sentiment de la nature ; mais il n’estpasjusteaussyque nous soyons sans consolation comme des Payens qui n’ont aucun sentiment de la grâce : mais il est juste que nous soyons affligez et consolez comme Chrestiens, et que la consolation de la grâce l’emporte par dessus les sentimens de la nature * ; que nous disions comme les Apostres : « Nous sommes persécutez et nous bénissons ^ » , afin que la grâce soit non seulement en nous, mais victorieuse en nous ; qu’ainsy, en sanctifiant le nom de nostre Père, sa volonté soit faite la nostre ; que sa grâce règne et domine sur la nature ; et que nos afflictions soyent comme la matière d’un sacrifice que sa grâce consomme et anneantisse pour la gloire de Dieu ; et que ces sacrifices particuliers honorent et préviennent le sacrifice universel où la nature entière doit estre consommée par la puissance de Jésus-Christ.

I. Qui cum audierint verbum, statim cum gaudio accipiant illud. — Et non habent radium in se, sed temporales sunt. Marc. IV, i6 à 17.

3. 1670: « ressentiment et sans douleur dans les afflictions et les accidents fascheux qui nous arrivent, comme des Anges. »

3. G Consolez et affligez.

4- 1670 : « afin que la grâce... »

5. I. Cor., IV, 12 : Maledicimur, et benedicimus ; persecutionem patimur, et sustinemus. Cf. Rom. XII, i4 : Benedicite persequentibus vos.