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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/536

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ŒUVRES

On verra que ce poids ouvrira le soufflet ; car il ne faut pour l’ouvrir qu’un poids de 113. livres, comme nous l’avons dit au livre II. Chap. i. Art. I.

Et le soufflet, en s’ouvrant, baissera son aile, à laquelle la chaisne qui l’entraisne est attachée ; donc cette chaisne se baissera elle mesme, et ses chaisnons qui pendoient les plus proches de terre seront receus à terre ; et ainsi leur poids n’agira plus contre le soufflet. Ainsi il restera d’autant moins de chaisnons suspendus, que le soufflet s’ouvrira davantage ; donc, quand le soufflet sera tant ouvert qu’il ne restera de chaisnons suspendus que jusqu’au poids de 113 livres, si le temps est lors très chargé, la chaisne ne se baissera pas davantage ; mais le soufflet demeurera ainsi ouvert en partie, et la chaisne en partie suspenduë et en partie rampante, et le tout en repos.

Et ce qui surprendra merveilleusement est que, quand le temps se dechargera, et qu’ainsi un moindre poids suffira pour ouvrir le soufflet, les chaisnons suspendus pesant 113. livres qui estoient en Equilibre avec l’Air, quand il estoit le plus chargé, deviendront trop forts, à cause de la décharge de l’Air ; et ainsi entraisneront l’aisle du soufflet, et l’ouvriront davantage, jusqu’à ce que les chaisnons qui resteront suspendus soient en Equilibre avec le poids de l’Air superieur dans le temperament où il est ; et tant plus l’Air se déchargera, tant plus les chaînons se baisseront.

Mais quand l’Air se chargera, on verra, au con-