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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/522

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S02 ŒUVRES

Voila, Monsieur, la vérité naïve pour ce qui me regarde. Et pour ce qui concerne M"^ Perier, si vous aviez vu la lettre qu'il nous en a escrite , oii il tesmoigne le déplaisir qu'il a eu en cette occasion, je m'as- seure que vous plaindriez la violence qu'il a souf- fert, quand il s'est veu, d'une part, sollicité par la prière d'une personne qu'il honore et qu'il respecte comme vous ; et, de l'autre part, il s'est veu engagé à exécuter les ordres qui lui avoient esté donnés par une personne qui lui tient lieu d'un autre père.

Apres cela. Monsieur, j'espère que vous n'impu- terez qu'à la distance des lieux et à la difficulté de la communication, cette petite conjoncture, et il ne me reste qu'à vous conjurer de vouloir m'honorer de la continuation des sentimens avantageux que vous tesmoignez avoir pour moy et quoy que je n'aye rien en moy qui les mérite, j'en espère neantmoins la durée parce que je m'asseure bien plus sur vostre bonté, à qui je les dois, qu'à aucune qualité qui soit en moy ; car je suis également éloigné de les pou- voir mériter et de les pouvoir reconnoistre. Mais j'espère. Monsieur, que le mesme esprit qui vous fait veoir des vertus dans mes propres deffauts, vous fera remarquer l'extrême désir que j'ay de vous ho- norer toute ma vie dans ce foible tesmoignage que je vous en donne, en vous asseurant que je suis.

Monsieur,

Vostre très humble et très obéissant serviteur,

Pascal.

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