Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/515

Cette page n’a pas encore été corrigée


CORRESPONDANCE DE PASCAL ET DE M. DE RIBEYRE 495

perant que vous les verrez bien tost, Dieu aydant, dans un traicté que j'achève, et que j'ay desja com- muniqué à plusieurs de nos Amis, où l'on cognois- tra quelle est la véritable cause de tous les effects qu'on a attribuez à l'horreur du vuidé, et où, par occasion, on verra distinctement qui sont les véri- tables Auteurs de toutes les nouvelles veritez qui ont esté descouvertes en cette matière. Et dans ce detal, on trouvera exactement et séparément ce qui est de l'in- vention de Galilée, ce qui est de celle du grand To- ricelli, et ce qui est de la mienne. Et enfin il parois- tra par quels degrez on est arrivé aux cognoissances que nous avons maintenant sur ce subjet, et que cette dernière Expérience du Puy de domme fait le dernier de ses degrez.

Et comme je suis certain que Galilée et Toricelli eussent esté ravis d'apprendre de leur temps qu'on eut passé outre la cognoissance qu'ils ont eue, je vous proteste, Monsieur, que je n'auray jamais plus de joye que de voir que quelqu'un passe outre celle que j'ay donnée.

Aussi-tost que ce traité sera en estât, je ne man- queray pas de vous en faire offrir, pour recognoistre en quelque sorte l'obligation que je vous ay, d'avoir souffert l'importunité que je vous donne, et pour vous servir de tesmoignage de l'extrême désir que j'ay d'estre, toute ma vie. Monsieur,

Vostre trés-humble et trés-obeissant serviteur.

Pascal.

�� �