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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/513

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CORRESPONDANCE DE PASCAL ET DE M. DE RIBEYRE 493

Ainsi, Monsieur, vous remarquerez, s'il vous plaist, combien il est peu véritable , ny que j aye voulu m'ap- proprier l'Expérience de Toricelli, ny que je l'aye faite après le Perc Yalerien (qui sont les deux poincts que ce Père lesuile m'impose), puis que c'est de mes Expériences et de mon escript où elles sont énoncées, que Moiisieurde Robervala tiré sa principale convic- tion contre le Père Yalerien, quand il a voulu s'attri- buer la gloire de cette invention.

Si ce Père lesuite de Montferrand cognoist Mon- sieur de Roberval, il nest pas nécessaire que j'accom- pagne son nom des éloges qui lui sont deubs, et s'il ne le cognoist pas, il se doit abstenir de parler de ces matières, puis que c'est une preuve indubitable qu'il n'a aucune entrée aux hautes coguoissances, ny de la physique, ny de la géométrie.

Apres tous ces tesmoignages, j'espère. Monsieur, que vous agréerez la tres-humble prière que je vous faits, que par vostre moyen et par l'autorité que ce bon Père lesuite vous a luy mesme donné sur luy, en ce subjet, quand il vous a dédié ses Thèses, je puisse apprendre d'où luy viennent ces impressions qu'il a prises de moy.

Car il est indubitable, ou que c'est l'effect du rap- port de quelques personnes qu'il a creuës dignes de foy, ou que c'est l'ouvrage de son propre esprit.

Si c'est le premier, je vous supplieray, Monsieur, d'avoir la bonté pour ce bon Père de luy remonstrer l'importance de la légèreté de sa créance.

Et si c'est le second, je prie Dieu dés à présent de

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