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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/504

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484 OEUVRES

dans cet abrégé, oà vous verrez par advance le dessein de tout l'ouvrage. L'occasion de ces Expériences est telle. Il y a environ quatre ans qu'en Italie on éprouva quun Tuyau de verre de quatre pieds, dont un bout est ouvert, et l'autre scellé hermétiquement, estant remply de vij argent, puis l'ouverture bouchée avec le doigt ou autrement, et le Tuyau disposé per- pendiculairement à Vhorison, V ouverture bouchée estant vers le bas, et plongée deux ou trois doigts dans d'autre vif argent, contenu en un vaisseau moitié plein de vif argent, et Vautre moitié d'eau, si on le desbou- che (l'ouverture demeurant enfoncée dans le vif argent du vaisseau), le vif argent du Tuyau descent en partie, laissant au haut du Tuyau un espace vuide en appa- rance, le bas du mesme Tuyau demeurant plein du mesme vif argent jusqu'à une certaine hauteur. Et si on hausse un peu le Tuyau jusqu'à ce que son ouver- ture, qui trempoit auparavant dans le vif argent du vaisseau, sortant de ce vif argent, arrive à la région de l'eau, le vif argent du tuyau monte jusqu'en haut avec l'eau, et ces deux liqueurs se brouillent dans le tuyau ; mais enfin tout le vif-argent tombe, et le tuyau se trouve tout plein d'eau. »

Voila, Monsieur, la mesme Expérience que ce bon Père prétend que je me suis attribuée, et laquelle, au contraire, je déclare avoir esté faite en Italie qua- tre ans avant les miennes.

Mais les paroles par lesquelles je concluds cet advis au Lecteur sont encore plus expresses ; les voicy :

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