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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/478

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J’apprends de la qu’encore que ma condition m’expose aux yeux de tout le monde, cela ne me doit pas empescher d’y mourir.

XVI

Jésus meurt tout nu.

Cela m’apprend à me despouiller de toutes choses.

XVII

Encore que Jésus ait bien voulu souffrir ce despouillement, il ne s’est pas néanmoins despouillé soy mesme.

Cela m’apprend non seulement à me despouiller de toutes choses, mais à souffrir que Dieu m’en despouillé par quelque voye que ce soit.

XVIII

La mort de Jésus l’a rendu mesprisable aux méchants ; elle leur a esté un voile pour cacher à leurs yeux sa Divinité, et leur a fourni une horrible matière de blasphémer ; mais elle a esté pour les bons une matière de la reconnoistre et de la confesser publiquement. Elle a esté un sujet de scandale pour les uns, et de componction pour les autres[1].

Cela m’apprend à me préparer à cette honte, estant sans doute que les hommes charnels me mespriseront et

  1. « Il a sauvé les autres et ne se peut sauver soy mesme. — Véritablement cet homme estoit fils de Dieu. » ? Note marginale qui renvoie aux propos du Scribe et du Centurion, apud Matth. XXVII, 42 et 54.