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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/474

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454 OEUVRES

��neantmoins, qu'il paroisse rien d'extraordinaire ni de sin- gulier dans mes actions ; mais que je fasse simplement et uniquement celles qui seront conformes à mon estât et à ma condition présente.

��Jésus est mort au regard de soy-mesme, en ce que réel- lement sa sainte ame et son corps ont esté séparez, et qu'en suite il a souffert toutes les privations que cause la mort : de la vue, de l'ouïe, de l'entendement, de tout mouvement ; en sorte qu'on l'emporte dans le sépulcre : il ne s'y conduit pas soy mesme, et a bien voulu se pri- ver de toutes ces choses, quoy qu'elles fussent fort saintes en luy.

Cela m'apprend à mourir à moy mesme en toutes cho- ses, mesme dans les plus innocentes; en sorte que je ne produise plus par moy mesme aucune action, mais que tout ce que j'espereray soit tellement produit par robeïs- sance que je dois aux maximes du christianisme et aux supé- rieurs que Dieu m'a donnez, que l'on puisse dire vérita- blement que mon esprit n'est plus en moy, et qu'il est de telle sorte séparé de mon corps que ce n'est nullement luy qui le fait agir.

VI

Jésus est mort non seulement au regard de soy mesme, mais encore au regard de sa sainte Mère, de ses parents et de ses amis, les privant de la consolation de sa pré- sence et se privant soy mesme de la leur.

Cela m'apprend à ne pas mourir seulement à ce qui ne touche que ma perscnne, mais aussy à tous les interests de

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