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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/462

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ŒUVRES

Et, pour exécuter ce dessein avec plus de facilité, je mis un tuyau avec son vif argent en experience continuelle, attaché dans un coin de mon Cabinet, marqué par poulces et par lignes, depuis la superficie du vif-argent où il trempoit, jusques à 30. poulces de hauteur. Je le regardois plusieurs fois le jour, mais particulierement le soir et le matin, et je marquois en une feüille de papier à quelle hauteur precisément estoit le vif-argent à chaque jour, le matin et le soir, et quelquefois mesme au milieu du jour, lorsque j’y trouvois des differences ; et j’y marquois aussi les différences des temps, pour voir si l’une suivoit toûjours l’autre.

Je commençay ces Observations au commencement de l’année 1649, et les continuay jusques au dernier Mars 1651.

Apres les avoir faites pendant cinq ou six mois, qui m’avoient fait voir de grandes differences en la hauteur du vif argent, je trouvay, à la vérité, que d’ordinaire et communement le vif argent, comme on me l’avoit mandé, se haussoit dans les tuyaux en temps froid et humide ou couvert, et s’abaissoit en temps chaud et sec ; mais que cela n’arrivoit pas toûjours, et qu’il arrivoit quelquefois au contraire que le vif-argent s’abaissoit le temps devenant plus froid ou plus humide, et se haussoit quand le temps devenoit plus chaud ou plus sec.

Je m’avisay, pour en avoir plus de lumiere et plus de connoissance, de tascher d’en avoir des Observations qui fussent faites en d’autres lieux bien éloignez les uns des autres, et qui fussent toutes faites en mesme temps, afin de voir si on pouvoit découvrir quelque chose en les confrontant les unes aux autres.

Pour cét effet, j’en écrivis à Paris à un de mes Amis, qui y estoit pour lors, et qui étoit une personne fort