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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/461

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RECIT


Des observations faites par Monsieur Perier, continuellement jour par jour, pendant les années 1649, 1650 et 1651, en la ville de Clermont en Auvergne, sur la diversité des élevations ou abaissemens du vif argent dans les tuyaux, et de celles qui ont esté faites en mesme temps sur le même sujet a Paris, par un de ses amis, et a Stokholm en Suede par messieurs Chanut et Descartes.


Apres l’experience que je fis au Puy de Domme, dont la relation est cy dessus[1], Monsieur Pascal me manda de Paris à Clermont où j’estois, que non seulement la diversité des lieux, mais aussi la diversité des temps en un mesme lieu, selon qu’il faisoit plus ou moins froid ou chaud, sec ou humide, causoient de differentes élevations ou abaissemens du vif argent dans les tuyaux[2].

Pour sçavoir si cela estoit vray, et si la difference du temperament de l’Air causoit si regulierement et si constamment cette diversité, qu’on en pust faire une regle generale et en determiner la cause univoque, je me resolus d’en faire plusieurs experiences durant un longtemps.

  1. Dans l’édition de 1663, le Récit suit immédiatement la réimpression du livret publié en 1648.
  2. Ces deux problèmes se sont posés simultanément aux contemporains. Voir en particulier la dernière partie de la seconde Narration de Roberval, supra, p. 359–361.