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LETTRE DE MONSIEUR PERIER A MONSIEUR PASCAL LE JEUNE, DU 22 SEPTEMBRE i648.

Monsieur,

En fin j’ay fait l’expérience que vous avez si long temps souhaittée. Je vous aurois plustost donné cette satisfaction ; j’en ay esté empesché, autant par les employs que j’ay eu en Bourbonnois, qu’à cause que, depuis mon arrivée, les neiges ou les broûillars ont tellement couvert la montagne du Puy de Domme oii je la devois faire, que, mesmes en cette saison qui est icy la plus belle de l’année, j’ay eu peine à rencontrer un jour 011 l’on pût voir le sommet de cette montagne, qui se trouve d’ordinaire mi dedans des nuées, et quelquesfois au dessus, quoy qu’au mesme temps il fasse beau dans la campagne : de sorte que je n’ay peu ioindre ma commodité avec celle de la saison, avant le 19.de ce mois. Mais le bon-heur avec lequel je la fis ce jour-là m’a plainement consolé du petit desplaisir que m’avoient donné tant de retardemens, que je n’avois pu esviter.

Je vous en donne icy une ample et fidelle relation, oii vous verrez la précision et les soins que j’y ai apporté, auxquels j’ay estimé à propos de joindre encore la présence de personnes aussi sçavanles qu’irréprochables, afin que la syncerité de leur tesmoignage ne laissât aucun doute de la certitude de l’expérience.

Relation de l’expérience faite par Monsieur Perier.

La journée de Samedy dernier 19. de ce mois, fut fort