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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/363

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LETTRE DE JACQUELINE PASCAL A SON PÈRE 347

et avec tout le respect possible, de ne me point refu- ser celle cy, et surtout de ne me point laisser sans réponse, si ce n'est que ces petites retraittes estant, comme j'ay dit, des choses fort ordinaires, vous les jugiez si peu im- portantes que la mienne puisse estre faite sans une marque expresse de vostre volonté, et qu'ainsy je n'aye pas sujet de croire que vous trouviez mauvais le dessein que j'en ay, à moins que vous me fassiez mander que vous ne le vou- lez pas. Car comme la poste part souvent et qu'ainsy vous avez grande commodité de faire escrire, et que d'ailleurs le silence est pris pour un consentement, si je ne reçois point de vos nouvelles tout au plus tard de mardy en huit jours (je puis en recevoir devant), je vous prie de ne point trouver mauvais que je me dispose pour aller faire mon petit voyage, de dimanche qui est le 21% en quinze jours. Auparavant pourtant que de partir, je sauray s'il n'y a point de lettres de vous à la poste ; après quoy, s'il n'y en a point, je seray entièrement confirmée dans la pensée que vous le souhaittez aussi bien que moy,et ainsy je ne feray nulle difficulté de passer outre ; car je vous asseure que si je ne croyois que ce me fust une preuve évidente de votre consentement je n'aurois g^arde de l'en- treprendre.

S'il y avoit quelque conjuration plus forte que l'amour de Dieu, pour vous obliger de m'accorder en sa faveur cette petite prière, je l'employerois en une occasion pour laquelle j'ai tant d'aCTection, et qui me fait vous conjurer, au nom de ce saint amour que Dieu nous porte et que nous luy devons, d'accorder ma demande ou à ma foi- blesse ou à mes raisons, puisque vous devez estre cer- tain, plus par la dernière épreuve que vous en avez faite que par toutes les autres, que vos commandements me sont des lois, et que, toutes les fois quïl s'agira de votre satis-

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