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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/309

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SECONDE NARRATION DE ROBERVAL SUR LE VIDE 293

L'expérience de Roberval a un intérêt direct pour l'histo rien de Pascal : en effet, l'appareil décrit par le P. Noël est le prototype dé celui que Pascal utilise dans le Traité de la Pesanteur de la Masse de l'Air * (Cf. Strowski, Histoire de Pascal, p. 4oi et 402). Roberval a trois tubes : un tube inférieur qui débouche dans la cuvette en forme de cœur ; puis, en dessus, le petit tube courbé qui prolonge en quelque sorte le premier, et par lequel se fera la rentrée de l'air ; un second tube qui plonge dans la cuvette médiane et où montera le mercure dans la dernière phase de l'expérience. Chez Pascal, le petit tube est ramené à sa plus simple expression ; la cuvette est remplacée par une poche qui sépare les deux parties d'un même tube. Les différentes pièces du dispositif se trouvent ainsi soudées l'une à l'autre dans un appareil unique ; mais la conception et la marche de l'expérience sont exactement les mêmes.

De l'expérience décrite par le P. Noël, comme des autres expériences rapportées dans la Narration où, en faisant varier la pression de l'air qui pesait sur la cuvette, on obtenait une hauteur mercurielle proportionnelle, soit au degré de raré- faction, soit au degré de condensation, Roberval concluait à la pesanteur de l'air. Ce sont ces expériences qu'il commu- nique au P. Mersenne, et dont le P. Mersenne, averti par Descartes de ne se fier qu'à ses propres observations, annonce le projeta Ghristiaan Huygens (du moins si nous interprétons bien les termes assez vagues de la réponse de Christian Huy- gens, datée du 20 avril, infra, p. 297)'^.

D'ailleurs, exactement comme le fera Mersenne dans le

��1. Vide infra, t. lll, p. 286.

2. Les expériences de la pesanteur de l'air pourraient aussi dési- gner les expériences poursuivies depuis longtemps par le P. Mer- senne pour mesurer exactement la pesanteur de l'air : « Porro jam laboramus in instrumentis ad id conficiendum ut aërem in vacuo pon- deremus. » Lettre de Mersenne à Hevelius, du 20 novembre 1647, citée plus haut, p. 287, n. 2.

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