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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/306

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les couches inférieures de l’atmosphère, une mesure déterminée, celle que fournit dans les expériences vulgaires du vide l’observation de la colonne de mercure ou d’eau.

Pour faire comprendre les effets que peut produire la pesanteur de l’air aux Péripatéticiens qui la nient, Roberval, suivant la voie que les expériences de Pascal avaient ouverte, va se référer aux principes généraux de l’équilibre des liqueurs. Il effectuera les expériences des Pneumatiques d’Héron ; il rappellera les lois de la Statique de Stevin. Le témoignage de Pierius est important à relever ici (bien qu’il fixe pour la hauteur de l’atmosphère un chiffre que Roberval semble repousser formellement dans la suite*): « Notabat Clarissimus Professor sex aeris milliaria tantum corpus nostrum premere quantum premerent triginta pedes aquse : addebat vero hanc compressionem homini sub aquis constituto sensibilem non esse, quia aequalis est ; imo sane quo magis aqua premit corpus aliquod, hoc scilicet modo per aequalem in omnes partes compressionem, eo facilius posse attolli e fundo aquse corpus ipsi immersum’. »

La théorie est irréprochable sans doute, pour qui a pris parti sur les principes de la mécanique ; mais l’assimilation de l’air à un liquide est-elle confirmée par l’expérience ? Si par quelque artifice on arrivait soit à raréfier davantage, soit à comprimer davantage, cet air extérieur qui pèse sur la cuvette, est-ce que la colonne mercurielle s’écartera de la hau-

in eumdem libellum. Paris, 1644, réédité par Mersenne en 1647 dans le même volume que les Reflectiones physico-mathematicae.

1. Voir la fin de la Narrafion, infra, p. 36 1. — Baliani dans sa lettre du 25 novembre 1647, ^^ prenant pour base le chiffre de 1356 donné en i644 par Mersenne pour la densité de l’eau comparée à celle de l’air, calcule que la hauteur de l’air est d’environ 9 milles 1/5 : « aux adhuc esset major si, ut probabilius videtur, sii aër minoris ponderis, quanto est altior. » Bibl. Nat., Nouv. acq. fr. 6204, p. 13.

2. Responsio. p. 16. — Cf. F. Mathieu, Revue de Paris, 15 avril 1906, p. 782.