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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/303

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SECONDE NARRATION DE ROBERVAL SUR LE VIDE 287

à l'intervalle entre la lettre du i5 novembre 16A7 ^^ Pascal développe le projet de l'expérience du Puy-de-Dôme, et la lettre du 22 septembre 1648 où Perier en relate le suc- cès ; à ce titre elle devait prendre place dans notre édition. Nous la faisons précéder d'une Introduction où nous résumons les expériences décrites par Roberval, et les controverses théoriques qui en résultèrent ; nous groupons autour de ces expériences ou de ces controverses quelques textes importants qui s'y rattachent et qui, en raison de leur nombre et de leur longueur, auraient malaisément trouvé place dans les notes. Pour plus de clarté, nous userons le plus souvent delà faculté de faire parler Roberval à la première personne.

II

La fameuse expérience du tube de mercure apporte-t-elle la preuve que le vide existe dans la nature ? J'en ai douté jusqu'ici ; devant les résultats contradictoires des expériences faites sur les oiseaux, les mouches, les vers de terre, j'ai dé- cidé, malgré la modicité de mes ressources, de recourir à d'autres expériences, dont je raconte ici les principales :

1° J'ai chauffé la partie du tube qui paraissait vide ; aussi- tôt le mercure est descendu*; il y a donc là un corps, quel qu'il soit, qui a occupé un espace plus considérable qu'auparavant. Mais je ne pensais pas à l'air, parce que je croyais l'avoir chassé avec le plus grand soin ^.

2° Je n'ai rempli le tube de mercure que jusqu'à un pouce

I. La plupart des expériences cl(! Roberval se retrouvent, avec leur explication par les propriétés de VEther, au chapitre ix de la Gravi- tas comparata. Voir page 4i : quare, si apponantur tuba calida, descen- dit hydrargyrus ?

2 Le 20 novembre 1647 [16/^8, par erreur, dans la copie manus- crite], Mersenne écrivait à Hevelius ces lignes qui définissent nette- ment le point de départ de Roberval : « Non dubitamus vacuum aëre, sed num aliquod corpus subtilius vitra penetret. ex quibus etiam fa- cile egrediatur, et quodnam sit illud corpus, dubitamus. » Bibl. Nat., ms. lat., 103/47, ^° ^^^'

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