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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/283

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LETTRE DÉTIENNE PASCAL AU P. NOËL 267

Je ne croy pas vous avoir encore entièrement expliqué la plainte de mon filz : en un mot, mon père, il se plaint seullementde la mauvaise volonté que vous avez faict pa- roistre contre luy ; mais il ne se plaint aucunement de l'effect. Il ne faut pas de raisonnement, pour faire parois- tre le dessing et la volonté que vous avez eu de le provo- quer ; mais pour faire paroistre que l'effect de votre inten- tion n'a esté capible d'offenser que vous mesme et non pas luy, je suis obligé par nécessité de vous faire remar- quer beaucoup des choses, que sans doubte vous n'avez pas observées, afin qu'en mesme temps vous jugiez que vostre discours n'est pas si énergique que vous avez pensé, ny assez puissant pour produire l'effect que vous vous estiez imaginé. Enfin il a, dittes-vous, accusé la nature de Vuide * : n'est-ce pas une personne bien dangereuse, d'avoir osé^ accuser la nature de Vuide? Car si^ admettre le Vuide n'estoit pas un crime * métaphorique, l'opinion de l'admission du Vuide ne seroit pas une accusation mé- taphorique ; et vous n'entreprendriez pas de l'en justisfier métaphoriquement, et tout le surplus de votre allégorie, fondée sur cette métaphore de crime, ne subsisteroit pas. Car à quoy pourroit on rapporter la hardiesse qu'à vostre dire les accusateurs de la nature ont pris de luy conjron- ter les sens et Vexpérience^ Comment expliqueroit-on la peine que vous vous donnez de la justisfier et défaire veoir son intégrité, de monstrer la fausseté des faicts dont elle est chargée, et les impostures des temoings qu'on luy op-

��1 . Le passage suivant, jusqu'à la peine que vous vous donnez, de l'écri- ture du correcteur, comme si le copiste avait laissé en blanc les lignes (ju'il n'avait pu déchiffrer,

2. [ainsy] accuser [n].

3. [l'admission du],

4. Métaphorique en surcharge.

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