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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/216

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200 ŒUVRES

Mais la plus grande * [dijference] que je trouve entre ces deux opinions, est que le P. Noël assuroit affir- mativement la vérité de la première, et qu'il ne propose la seconde que comme une simple pensée. C'est ce que ma première lettre a obtenu de luy, et le principal effet qu'elle a eu sur son esprit : si bien que comme j'avois respondu à sa première opinion que je ne croyois pas qu'elle eust les conditions né- cessaires pour l'assurance d'une chose, je diray sur la 2® que puisqu'il ne la donne que comme une pen- sée, et qu'il n'a ny la raison ny le sens pour tesmoins de la matière qu'il establit, je le laisse dans son sen- timent, comme je laisse dans leur sentiment ceux qui pensent qu'il y a des habitants dans la lune, et que dans les terres polaires et inaccessibles il se trouve des hommes entièrement différents des autres.

Ainsy, Monsieur, vous voïez que le P. Noël place dans le tuyau une matière subtile répandue par tout l'univers, et qu'il donne à l'air extérieur la force de soutenir la liqueur suspendue. D'où il est aisé de voir que cette pensée n'est en aucune chose diffé- rente de celle de M. Descartes, puisqu'il convient dans la cause de la suspension du vif-argent, aussy bien que dans la matière qui remplit cet espace, comme il se veoit par ses propres termes dans la page 6 où il dit que cette matière, qu'il appelle air subtil, est la mesme que celle que M. Descartes nomme matière subtile , C'est pourquoi j'ay cru estre

��I . Les deux manuscrits de la Nationale donnent difficulté, qui me semble être une faute de lecture.

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