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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/213

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LETTRE DE PASCAL A M LE PAILLLUR 197

lettre : il est estrange que ce père n'ait pas pris garde que cet air qu'il dit sortir de l'eau, n'est n'autre chose que l'air extérieur qui se porte avec l'eau qui tombe, et qui a une facilité tout entière d'y entrer par la mesme ouverture, parce qu'elle est plus grande que celle par où l'eau s'escoule : si bien que l'eau qui s'écarte en tombant dans cette ouverture, y entraisne tout l'air qu'elle rencontre et qu'elle enveloppe, dont elle empesche la sortie par la violence de sa chute et par l'impression de son mouvement ; de sorte que l'air qui entre continuellement dans cette ouverture sans en pouvoir jamais sortir, fuit avec violence par celle qu'il trouve libre, et comme cette espreuve est la seule par laquelle il prouve le mes- lange de l'eau et de l'air, et qu'elle ne le montre en aucune sorte, il se trouve qu'il ne le prouve nulle- ment.

Le meslange qu'il prouve le moins, et dont il a le plus affaire, est celuy du feu avec les autres élé- ments ; car tout ce qu'on peut conclure de l'ex- périence du mouchoir et du chat, est que quelques- unes de leurs parties les plus grasses et les plus huileuses s'enflamment parla friction, y estant desja disposées par la chaleur. Ensuite il nous déclare que son sentiment est que notre espace est plein de cette matière ignée, dilatée et meslée, comme il sup- pose sans preuves, parmi tous les éléments, et esten- duë dans tout l'univers. Voilà la matière qu'il met dans le tuyau ; et pour la suspension de la liqueur, il Tattribuë au poids de l'air extérieur. J'ay esté ravy

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