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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/203

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LETTRE DE PASCAL A M. LE PAILLEUR 187

Jumiere sans estre transparent, qui résiste sans rési- stance, qui est immobile et se transporte avec le tube, qui est par tout et nulle part, qui fait tout et ne fait rien : ce sont les admirables qualitez de V espace vuide : €n tant qu espace, il est et fait merveilles ; en tant que vuide, il nest et ne fait rien ; en tant qu espace, il est long, large et profond ; en tant que vuide , il exclud la longueur, la largeur et la profondeur. S'il est besoin, je montreray toutes ces belles proprietez, en consé- quence de l'espace vuide. »

Comme une grande suite de belles choses devient enfin ennuyeuse par sa propre longueur \ je croy que le P. Noël s'est icy lassé d'en avoir tant produit; et que, prévoyant un pareil ennuy à ceux qui les auroient veuës, il a voulu descendre d'un stile plus grave dans un moins sérieux, pour les délasser par cette raillerie, afin qu'aprez leur avoir fourny tant de choses qui exigeoient une admiration pénible, il leur don- nast, par charité, un sujet de divertissement. J'ay senty le premier l'effet de cette bonté; et ceux qui verront sa lettre ensuite, l'esprouveront de mesme : car il n'y a personne qui, aprez avoir lu ce que je luy avois écrit, ne rie des conséquences qu'il en tire, et de ces antithèses opposées avec tant de justesse, qu'il est aysé de voir qu'il s'est bien plus estudié à rendre ses termes contraires les uns aux autres, que conformes à la raison et à la vérité.

Car pour examiner les objections en particulier :

��I. Cf. Pensées : « L 'éloquence continue ennuyé. » Ms. p. a5i, Sect. VI, fr. 355.

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