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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/195

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LETTRE DE PASCAL A M. LE PAILLEUR, AU SUJET DU P. NOËL, JÉSUITES

��Monsieur,

Puisque vous desirez de sçavoir ce qui m'a fait in- terrompre le commerce des lettres où le R** P. Noël m'avoit fait l'honneur de m'engager, je veux vous satisfaire promptement ; et je ne doute pas que, si vous avez blâmé mon procédé avant que d'en sça- voir la cause, vous ne l'approuviez lorsque vous saurez les raisons qui m'ont retenu.

La plus forte de toutes est que le R. P. Talon, * lorsqu'il prit la peine de m'apporter la dernière lettre du P. Noël, me fit entendre, en présence de trois de vos bons amis, que le P. Noël compa- tissoit à mon indisposition, qu'il craignoit que ma première lettre n'eut intéressé ma santé, et qu'il me prioit de ne la pas bazarder par une deuxième ; en un mot, de ne luy pas respondre ; que nous pour- rions nous esclaircir de bouche des difficultez qui nous restoient, et qu'au reste il me prioit de ne montrer sa lettre à personne ; que comme il ne l'a- voit escrite que pour moy , il ne souhaittoit pas qu'au- cun autre la vist, et que les lettres estant des choses

��I. Le P. Nicolas Talon (1605-1691) était né à Moulins. Il fut pré- cepteur du prince de Conti ; il venait de se faire connaître par la^ publication d'une Histoire Sainte (i64o).

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