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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/183

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LETTRE DE DESCARTES AU P. MERSENNE 167

elle a rabaissé de trois ou quatre lignes. J'ay un tuyau qui demeure attaché jour et nuit en mesme lieu, pour faire ces observations^, lesquelles je crois qu'il n'est pas besoin de divulguer sitost, et qu'il vaut mieux attendre que le livre de M. Pascal soit publié.

Je voudrois aussy que vous essayassiez d'allumer du feu dans votre vuide, et que vous observassiez si la fu- mée ira en haut ou en bas, et de quelle figure sera la flamme. On peut faire cette expérience, en faisant pendre un peu de soufre ou de camphre au bout d'un filet dans le vuide, et en y mettant le feu au travers du verre, avec un miroir ou verre bruslant. Je ne puis faire cela icy, parce que le soleil n'est pas assez chaud, et ie n'ai peu encore avoir le tuyau ajusté avec la bouteille.

Je m'es tonne de ce que vous avez gardé quatre ap.3 cette expérience, ainsi que le dit M. Pascal, sans que vous m'en ayez jamais rien mandé, ny que vous ayez com- mencé à le faire avant cet esté, car, sitost que vous m'en parlastes, je jugeay qu'elle estoit de conséquence, et qu'elle pourroit grandement servir à veriQer ce que j'ay escrit de physique-. Je suis, etc.

D'Egmond, i3 Décembre 1647.

��1. Sur rexpérience continuelle, vide infra les textes relatifs à la Féconde Narration de Roberval, p. 3oi et p. 359,etla lettre de Gha- nut à Pcricr du 28 mars i65o, p. /ii3.

2. Cf. Baillet, II, 333 : « Depuis son retour en France, il [Dcr,- cartes] ne s'estoit presque occupé que de celles [les expériences] du vif j^rgeiit, ou de la pesanteur de l'air qu'on appeloit à Paris l'eiperieRco du vuide. Il fut si content de leur succès, sur tout à l'égard de celles du vuide, qu'il faisoit dans le ballon, qu'il se plaignit au P. Mersenne qu'il eust gardé cette expérience près de quatre ans. »

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