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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/181

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DESCARTES A MERSENNE

Mon Révérend Pere^

Il y a desja quelque tems que M. de Zuylicîiem m'a envoyé l'imprimé de M. Pascal, de quoy je remercie l'au- teur, puisque c'est de sa part qu'il m'est envoyé. Il semble y vouloir combattre ma matière subtile, et je lui en sais fort bon gré ; mais je le supplie de n'oublier pas à mettre toutes ses meilleures raisons sur ce sujet, et de ne pas trouver mauvais, si en temps et lieu j'explique tout ce que je croiray estre à propos, pour me défendre.

Vous me demandez un escrit touchant les expériences du vif argent, et néanmoins vous différez de me les apprendre, comme si je les devois deviner ; mais je ne dois pas me mettre en hasard de cela, pource que, si je rencontrois la vérité, on pourroit juger que j'en aurois fait icy l'expé- rience, et si je manquois, on en auroit moins bonne opi- nion de moy ; mais, s'il vous plaist me faire part inge- nuement de tout ce que vous avez observé, je vous en auray obligation ; et en cas qu'il arrive que je m'en serve, je n'oublieray pas de faire sçavoir de qui je les tiens.

J'avois averti M. Pascal d'expérimenter si le vif argent montoit aussi haut lorsqu'on est au-dessus d'une montagne, que lorsqu'on est tout au bas ; je ne sçay s'il l'aura fait^. Mais, afin que nous puissions aussy sçavoir

��I Nous reproduisons le texte transcrit par MM. Adam et Tannery, suivant le système orthographique de Descartes, Œuvres, t. V, igoS, p. 98-aoo.

a. Vide supra, p. liO sqq., et 1A9 sqq. — Quelques jours après avoir

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