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LETTRE DE PASCAL A MONSIEUR PERIER 157

suspendu à la hauteur où il se tient par l'expérience ordinaire, quand il estoit contrebalancé et pressé par la pesanteur de la Masse entière de l'air, et qu'au contraire, il tomba entièrement, sans qu'il luy restât aucune hauteur ny suspension, lorsque, par le moyen du Vuide dont il fust environné, il ne fut plus du tout pressé ny contrebalancé d'aucun air, en ayant esté destitué de tous costez*. Vous vistes en suitte que cette hauteur ou suspension du vif-ar- gent augmentoit ou diminuoit à mesure que la pres-

gence et sans aucun divertissement... » Mais, l'abandon du « voyage en cour « qui retint l'échevin envoyé à la place de Perier jusqu'à la fin de l'année au moins, n'exclut naturellement pas un court séjour à Paris, coïncidant avec l'investiture de la commission en Bourbon- nois vers la seconde quinzaine d'octobre. — Pour le calcul des délais nécessaires à ce voyage, il suffit de se reporter à un opuscule publié dans les Œuvres de Pascal : Response à un écrit publié sur le sujet des Miracles gu il a pieu à Dieu de faire à Port-Royal (Paris, i656). On y voit que M. Perier « mandé par une lettre (de Jacqueline Pas- cal à sa sœur, voir les Mémoires d'Hermant, éd. Gazier, 1906, t. III, p. 187), écrite le 24 de mars, quatre heures avant le Miracle, pour as- sister à l'incision et à l'application du bouton de feu », arriva de Glermont et vit sa fille à Port-Royal de Paris, « le 5 d'Avril. » Page^, de l'édition originale, et apud Bossut, t. III, p. 46i.

I. L'idée de l'expérience a pu être fournie par la lettre de Torri- celli à Ricci, du 28 juin i6/»8, dont Pascal paraît avoir eu communi- cation à l'époque même où Dominicy contestait la priorité de Torri- celli {vide infra, p. 487, n. i). Nous empruntons à Thurot {Journal de Physique, 1872, p. 176, la traduction de ce passage : « que si votre Seigneurie place le couvercle de manière à enfermer dans le bassin une certaine quantité d'air, je demande si votre Seigneurie admet que l'air enfermé soit au même degré de condensation que l'air exté- rieur; et que dans ce cas le vif argent se soutiendra à la même hau- teur qu'auparavant, à l'exemple de la laine dont je vais parler. Mais si l'air comprimé est plus raréfié que l'air extérieur, le vif argent descendra dune certaine quantité. S'il élalt infiniment raréfié jus- qu'au vid(\ alors le vif argent descendrait tout entier pourvu que le bassin put le contenir. »

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