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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/150

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ŒUVRES

ne souhaittent que cette[1]… s’applique à d’autres matieres, puisque les inventions nouvelles sont infailliblement des erreurs dans les matieres que l’on profane impunement ; et qu’elles sont absolument necessaires pour la perfection de tant d’autres subjects incomparablement plus bas, que toutefois on n’oseroit toucher[2].

Partageons avec plus de justice notre crédulité et notre defiance, et bornons ce respect que nous avons pour les anciens. Comme la raison le faict naistre, elle doit aussy le mesurer[3] ; et considerons que, s’ils

  1. Un mot en blanc dans la copie du P. Guerrier. Bossut avait imprimé : peu qui ne souhaitent que nos recherches prennent un autre cours. Faugère conjecture : que cette liberté.
  2. Le Liber proœmialis de l’Augustinus contient à ce sujet une page que nous devons citer pour l’impression qu’elle a dû produire sur le futur auteur des Provinciales. Après avoir rappelé la règle du respect de l’antiquité, Jansenius écrit : « Nam et eo impudentiæ ex illa eadem norma quidam prosilierunt, ut cum religione quidam doctus, non auderet aliquid in alterius gratiam facere, quod sciebat in principia morum impingere, et a nullis auctoribus tanquam probabile assertum esse, responderit ei magister recenti Thelogia expositus : Aude tantùm, nos efficiemus probabile. Ecce excessus in quos illa licentia indulgendi ratiocinationibus humanis, et Philosophiæ suæ prorumpit, quando divinissima mysteria imbecillium opinionum libidine et proprii sensus aleà ventilantur. Quæ quidem non eo à me animo dicuntur, quasi propter quorundam abusum Theologiam Scholasticam sugillatam velim, quam ad pellendam tyronum ignorantiam methodi suæ luce et brevitate saluberrimè tradi scio. Non propter bonarum rerum abusum usui legitimo calumniandum est : nec industria humana in tradendis utiliter scientiis suffocanda est, quia limitem subinde prætergreditur ; sed intra cancellos à veritate præscriptos potiùs revocanda. » (Fin du chapitre viii, dont le titre est bien significatif : Quæstiones et veritates purè Scholasticæ nihil cum cognitione charitatis commune habent propter diversas causas. Præcipitia in quæ prorumpunt.)
  3. J’emprunte à Nourrisson, Pascal physicien et philosophe, 2e édit.,