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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/146

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ŒUVRES

anciens, parce que l’on en fait trop. Je ne pretends pas bannir leur authorité pour relever le raisonnement tout seul, quoyque l’on veuille establir leur authorité seule au prejudice du raisonnement…[1].

Pour faire cette importante distinction avec attention, il faut considerer que les unes dépendent seulement de la memoire et sont purement historiques, n’ayant pour objet que de sçavoir ce que les autheurs ont escrit ; les autres dependent seulement du raisonnement, et sont entierement dogmatiques, ayant pour objet de chercher et descouvrir les verités cachées. Celles de la premiere sorte sont bornées, autant que les livres dans lesquels elles sont contenues…[2].

C’est suivant cette distinction qu’il faut regler differemment l’étendue de ce respect. Le respect que l’on doit avoir pour…[3].

Dans les matieres ou l’on recherche seulement de sçavoir ce que les auteurs ont escrit, comme dans l’histoire, dans la geographie, dans la jurisprudence, dans les langues[4] et surtout dans la theologie[5], et

  1. « Lacune de deux lignes », id.
  2. « Lacune ».
  3. Ce fragment de Pascal est inspiré par la méditation du Liber Proœmialis que Jansénius a mis en tête du Second tome de l’Augustinus : de Ratione et auctoritate in rebus theologicis, particulièrement au ch.  IV. (Discrimen inter Philosophiam ac Theologiam) : « Sic igitur quemadmodum intellectus Philosophiæ suscipiendæ propria facultas est, ita memoria Theologiæ. Illa quippe intellecta principia penetrando Philosophum facit ; hæc ea qu sibi scripto aut prædicatione tradita sunt, recordando, facit Theologum Christianum.
  4. « Lacune ».
  5. « Un blanc d’un mot ou deux ».