Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/113

Cette page n’a pas encore été corrigée


RÉPONSE DE BLAISE PASCAL 97

dans l'impuissance de monstrer qu'elle n'est pas, en s'ostant à eux mesmes tout pouvoir de leur monstrer qu'elle est.

Mais nous trouvons plus de subject de nyer son existence, parce qu'on ne peut pas [la prouve r]\ que de la croire, parla seule raison qu'on ne peut mons- trer qu'elle n'est pas.

Car on ne peut les croire toutes ensemble, sans faire delà nature un monstre, et comme la raison ne peut pencher plus vers une que vers l'autre, à cause qu'elle les trouve esgallement esloignées, elles les re- fuse toutes, pour se desfendre d'un injuste choix.

Je sçais que vous pouvez dire que vous n'avez pas faict tout seul cette matière, et que quantité de Phisitiens y avoient desja travaillé ; mais sur les subjects de cette matière, nous ne faisons aucun fondement sur les autoritez : quand nous citons les autheurs, nous citons leurs démonstrations, et non pas leurs noms ; nous n'y avons nul esgard que dans les matières historiques" ; si bien que si les au- theurs que vous alléguez disoient qu'ils ont veu ces petits corps ignez, meslez parmy l'air, je desfererois assez à leur sincérité et à leur fidélité, pour croire qu'ils sont véritables, et je les croirois comme histo- riens ; mais, puisqu'ils disent seulement qu'ils pensent que l'air en est composé, vous me permettrez de de- meurer dans mon premier doubte.

Enfin, M. P., considérez, je vous prie, que tous

1 . Alan. : l'apprGUuer.

2. Vide infra, p. i3o sqq.

11-7

�� �