Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/110

Cette page n’a pas encore été corrigée


^4 ŒUVRES

subsisteroit dans le vuide avec plus d'esclat que dans aucun autre médium, comme nous voyons qu'elle augmente sa force suivant que le médium où elle est devient plus rare, et ainsy en quelque sorte plus aprocliant du néant. Et si nous sçavions celle du mouA'ement, je ne fais aucun doute qu'il ne nous parut qu'il se deut se faire dans le vuide avec pres- que autant de temps que dans l'air, dont l'inresis- tance paroist dans l'égalité de la chute des corps diffé- remment pesans.

C'est pourquoy, dans le peu de cognoissance que nous avons de la nature de ces choses, si, par une semblable liberté, je conçois une pensée, que je donne pour principe, je puis dire avec autant de raison : la lumière se soustient dans le vuide, et le mouvement s'y faict avec temps ; ou la lumière pénètre l'espace vuide en apparence, et le mouvement s'y faict avec temps ; donc il peut estre vuide en efPet.

Ainsy remettons cette preuve au temps où nous aurons l'intelligence de la nature de la lumière. Jusques là je ne puis admettre vostre principe, et il vous sera difficile de le prouver : et ne tirons point, je vous prie, de conséquences infaillibles de la na- ture d'une chose, lors que nous l'ignorons : autre- ment je craindrois que vous ne fussiez pas d'accord avec moy des conditions nécessaires pour rendre une démonstration parfaite, et que vous n'appelas- siez certain ce que nous n'appelons que douteux.

Dans la suite de vostre lettre, comme si vous aviez estably invinciblement que cet espace vuide est un

�� �