Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/105

Cette page n’a pas encore été corrigée


LETTRES DU P. NOËL 89

La 5" est une preuve peramptoire du plein, puisque la lumière, ou plustot l'illumination, est un mouvement lu- minaire des rayons, composés des corps lucides qui rem- plissent les corps transparents, et ne sont meus luminai- rement que par d'autres corps lucides, comme la poudre d'acier * n'est remuée magnétiquement que par l'ay- mant : or cette illumination se trouve dans l'intervale abandonné du vif argent ; il est donc nécessaire que ces intervales soient un corps transparent. En effect c'en est un, puisqu'il est air.

Voila, Monsieur, ce que j'ay cru debvoir à votre curio- sité si obligeante, qui semble demander quel corps est ce vuide apparent, plustot qu'asseurer qu'il n'est pas corps : ce que j'ay dict de la violence faite par la pesanteur du vif argent ou de l'eau, se doict entendre de toutes les autres violances qui se rencontrent dans toutes vos autres experiances, où l'entrée subtille de ces petits corps d'air et de feu qui sont partout, paroissant moins aux sens qu'à la raison, fait conjecturer un vuide qui soit une privation de tout corps. Quoy qu'il en soit, vous avez examiné une vérité très importante à ceulx qui font la recherche des choses naturelles, et par cet examen, obligé le public, et moy particulièrement qui suis.

Monsieur

Vostre très humble et obeyssant serviteur selon Dieu

Estienne Noël de la compaignie de Jésus.

��I. C'est ainsi que Descartes désigne ce qu'il appelle aussi « poudre ou limure de fer ». Voiries Principes, part. IV, §§ 179 : « Comment s'arrangent les grains de la limure d'acier autour d'un aymant. »

�� �