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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/101

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LETTRES DU P. NOËL 85

naise a mis dans le verre, et dont les pores sont remplies, descendant par sa gravité, tire aprez soy quelques corps ; autrement il ne descend pas, comme il appert au vif-ar- gent, qui est retenu jusques à deux pieds, et à l'eau qui ne descend pas mesme au trentiesme, leur gravité n'estant pas suffisante pour tirer l'air hors de son meslange naturel. Sy donc le vif argent descend, il tire après soy un autre corps, selon [vostrey première maxime page 19, que tous les corps ont répugnance à se séparer l'un de l'autre. Ce corps tiré et suivant n'est pas le verre, puis qu'il demeure à sa place et ne casse point ; l'air qui est dans ces pores, contigu au vif argent, peut suivre, mais il ne suit pas qu'il n'en tire un autre qui passe par les pores du verre et les remplit : pour y passer, il faut qu'il soit espuré ; c'est l'ouvrage de cet air subtil qui remplissoit les pet- tites pores du verre, lequel estant tiré par une force majeure et suivant le vif argent, tire aprez soy par conti- nuité et congnexité son voisin, l'espurant du plus grossier qui reste dehors dans une mesme constitution, constitu- tion violente, par la séparation du plus subtil, et demeure autour du verre attaché à celuy qui est entré, lequel es- tant dans une dilatation violente à Testât naturel qui luy est deub dans ce monde, est toujours poussé, par le mouvement et depandance du soleil, à se rejoindre à l'autre et reprendre son meslange naturel, se joignant à cet autre qui le hérisse, poussé du mesme principe ; et partant l'un et l'autre, sitost que la violence est ostée, reprend son meslange et sa place : ainsy, quand on bande un arc, on en faict sortir des esprits qui luy sont naturels par sa partie concave qui est pressée, et en foict on entrer

��I. La copie manuscrite donne, par erreur, nostre.

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