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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/95

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BLAISE PASCAL

qui est tombée entre vos mains, et qu’au lieu de l’obligation du bon office que vous pensiez rendre, on vous aura celle de n’en pas rendre un tres mauvais et à la memoire de M. Pascal et au repos de madame sa sœur. En voilà trop pour vous recommander une demande aussy juste, et où vous estes sans autre interest que d’obliger les personnes qui vous prient de le faire d’une autre maniere ; je profite de cette occasion pour vous assurer de mon respect, et de mon attachement à vostre service, et je vous demande la grace d’en assurer aussy mademoiselle Audigier, et si j’ose aussy M. et Madame Tartiere. Je suis de tout mon cœur, Monsieur, etc. Domat. À Clermont, le 15 janvier 1682 » (Copié sur l’original).

V

En 1684, enfin, une plaquette de 49 pages et une réimpression des Pensées, parues toutes deux chez le libraire A. Wolfgang, d’Amsterdam, — ou tout au moins portant ce nom — offraient au public la Vie de Biaise Pascal, sans soulever aucun des incidents fâcheux que l’on avait craints. Au contraire un article remarquable que Pierre Bayle insérait au mois de décembre dans les Nouvelles de la République des Lettres consacrait le caractère d’édification que le biographe avait voulu donner à son récit : « Cent volumes de Sermons, écrivait-il, ne valent pas cette vie-là, et sont beaucoup moins capables de desarmer les impies. L’humilité et la dévotion extraordinaires de M. Pascal mortifient plus les libertins que si on lâchoit sur eux une douzaine de Missionnaires. Ils ne peuvent plus nous dire qu’il n’y a que de petits esprits qui ayent de la pieté ; car on leur en fait voir de la mieux poussée dans l’un des plus grands Geomètres, des plus subtils Metaphysiciens, et des plus penetrants esprits qui ayent jamais été au monde. La pieté d’un tel Philosophe devroit faire dire aux indévots et aux libertins ce que dit un jour un certain Diodes, en voyant Epicure dans un temple : « Quelle fête, s’écriait-il, quel spectacle pour moy, de voir Epicure