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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/79

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Le 3e jour de janvier 1620 a esté baptizée Gilberte Paschal fille à noble Estienne Pascal, conseilher esleu pour le roy en l’eslection du Bas-Auvergne a Clairmont et noble demoizelle Anthoinette Begon. Le parrin noble Jehan Begon, conseilher esleu pour le roy en l’eslection du Bas-Auvergne à Clairmont. La marrine damoizele Gilberte Paschal[1] ― Signé : Pascal, Begon.

Ma mere, nommée Gilberte Pascal, mourut trois ans après ce troisieme de mes freres. Elle estoit née le 7 janvier 1620, à Clermont. Mon grand pere se retira à Paris comme je l’ay marqué, en 163o, pour eslever ses enfants. Ma mere, qui estoit l’ainée, avoit dix ans. Elle fut mariée à vingt-et-un ans, et elle resta à Rouen deux ans avec mon grand pere. Quand elle fut icy[2], elle se mit dans le grand monde, comme toutes les personnes de son age et de sa condition. Elle avoit tout ce qu’il falloit pour y estre agreablement, estant belle et bien faite[3]. Elle avoit beaucoup d’esprit, elle avoit esté eslevée par mon grand pere, qui, dès sa plus tendre jeunesse, avoit pris plaisir à luy apprendre les mathématiques, la philosophie et l’histoire[4].

  1. Sœur d’Étienne Pascal, mariée à François Fedict.
  2. C’est à-dire quand elle revint à Clermont.
  3. L’hôpital général de Clermont-Ferrand, légataire universel de Marguerite Perier, conserve un portrait de Mme Perier, qui est d’une ressemblance frappante avec les portraits de son frère. M. Jaloustre en a publié la reproduction, en tête de son étude sur le Mariage de Gilberte Pascal avec Florin Perier (Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne, n° 8-9, année 1904).
  4. Voici ce qu’écrit Fléchier de la « société » de Clermont, en 1665 : « La personne qui nous parut plus raisonnable fut madame Perier : les louanges que madame la marquise de Sablé lui donne, la réputation que M. Pascal, son frère, s’était acquise, et sa propre vertu, la rendent très considérable dans la ville ; et quelque gloire qu’elle tire de l’estime où elle est et de la parenté qu’elle a eue, elle seroit illustre, quand il n’y auroit point de marquise de Sablé et quand il n’y auroit jamais eu de M. Pascal. » (Mémoires sur les Grands Jours d’Auvergne, éd. Gonod, p. 41).