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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/450

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394 ŒUVRES

ché originel estoit très clairement déduit. Il se leva pour le chercher, et l'ayant trouvé, il le leut entier : c'estoit un manuscrit de dix à douze pages in-4**, et le traicté estant représenté, on y verra ses sentiments plus naïfve- ment que l'on ne pourroit les rapporter ; et comme tout y est de grande importance, il sera plus expédient et plus facille de le luy faire représenter que d'en apprendre ce que la mémoire en pourroit fournir. On y voit, entr'autres choses, que chaque partye de la masse corporelle estant affectée à chacque ame, quand la première ame créée pure, sçavoir, celle d'Adam, fust mise et joincte à la masse qui luy estoit destinée, et qui estoit encore pure comme tout le reste de l'univers, lequel estoit encore en Testât qu'il estoit sorty des mains de Dieu, l'ame d'Adam pescha, et par le pesché s'infecta elle mesme, et ensuitte gasta son corps parce qu'elle en estoit la forme, [lequel], par la continuité qu'il avoit avec toute la masse corpo- relle vitia toutte cette masse, laquelle infectée gasta après les âmes qui luy sont unies. 11 est plain de beaucoup d'autres choses que la mémoire ne peut fournir. — On ne vouUutpas ouvertement dire le sentiment qu'on faisoit de ce traitté, et, à cette occasion, il en monstra un autre qu'il avoit commencé depuis longtemps sur la liberté, qu'il n'avoit pu encore achever, où dans deux ou trois chapitres il traittoit des diverses significations des mots iberté et libre, et les manières par lesquelles on peut estre meu, à sçavoir par impulsion etparatttraction, aiFm après cela de descendre en particulier à la manière d'agir de la volonté. Il monstra ensuitte le commencement d'un dia- logue qu'il faict entre la sagesse, la vollonté et la puis- sance divine, où il doibt desduire toute sa théologie et toute saphisique. Apres ces lectures, on continua les dis- cours, et on lui proposa les difficultés dont on avoit en-

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