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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/438

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332 ŒUVRES

cause de cette difficulté venoit de ce que nous concepvions les choses naturelles autrement qu'elles ne sont, et que nous ^ n'avions pas une bonne ydée de la substance des choses ; que nous pensions que ce que nous voyons estoit substance, et que ce n'estoit que des accidents et des ap- parences ; qu'il falloit s'imaginer que la substance n'estoit pas attachée aux accidents que nous voyons, mais quelle estoit en continuel mouvement derrière eux, et que par ce moyen la substance du ciel, du soleil, de la lune et des estoilies descendoit icy bas, et que celle de la terre montoit en haut continuellement, que par cette unicquc façon de philosopher* on pouvoit satisfaire à l'expérience nouvellement faite pour le vuide par le dit sieur Pascal, laquelle il estima beaucoup aussy bien que l'autheur, et dit qu'il avoit entendu parler de cette expérience à Paris devant que de venir en cette ville, en une compagnie où on avoit fait très grand estât du dit sieur Pascal. Il dit aussy qu'il croyoit impossible d'y respondre dans toutes les autres philosophies communes. — On commençoit de ne s'estonner plus d'entendre des choses extraordinaires contre toute sorte d'apparences et sans aucune raison ny expérience. Comme neantmoins on se rioit de cela et que l'on disoit que c'estoit deviner, veu qu'on '^ n'avoit aucune expérience de ce continuel mouvement, il dit qu'il ne s'en falloit pas estonner et qu'il arrivoit la mesme chose que sy, regardant une tappisserie immobile derrière laquelle des hommes sepromeneroient, on nioit qu'ils remuassent, parce qu'on ne les verroit pas mouvoir ; que la substance estant cachée à nos sens nous ne pouvions pas conclure

��1. [n'eussions].

2. on en surcharge.

3. 7ï' en surcharge.

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