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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/360

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304 ŒUVRES

le rapport de toutes les pièces et comment chacune doit estre placée pour composer l'intrument, et mettre son mouvement en sa perfection ; mais tu ne dois pas croire qu'après n'avoir espargnény le temps, ny la peine, ny la dépense pour la mettre en estât de t'estre utile, j'eusse négligé d'employer ce qui estoit nécessaire pour te contenter sur ce point, qui sem- bloit manquer à son accomplissement, si je n'avois esté empesché de le faire par une considération si puissante, que j'espère mesme qu'elle te forcera de m'excuser. Ouy, j'espère que tu approuveras que je me sois abstenu de ce discours, si tu prens la peine de faire reflexion d'une part sur la facilité qu'il y a d'expliquer de bouche et d'entendre par une briefve conférence la construction et l'usage de cette ma- chine, et, d'autre part, sur l'embarras et la diffi- culté qu'il y eust eu d'exprimer par escrit les mesu- res, les formes, les proportions, les situations et le surplus des proprietez de tant de pièces différentes ; lors tu jugeras que cette doctrine est du nombre de celles qui ne peuvent estre enseignées que de vive voix : et qu'un discours par escrit en cette matière seroit autant et plus inutile et embarrassant que celuy qu'on employeroit à la description de toutes les par- ties d'une montre, dont toutefois l'explication est si facile, quand elle est faite bouche à bouche ; et qu'apparemment un tel discours ne pourroit pro- duire d'autre effet qu'un infaillible degoust en l'es- prit de plusieurs, leur faisant concevoir mille diffi- cultez oii il n'y en a point du tout.

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