Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/173

Cette page n’a pas encore été corrigée


MEMOIRE SUR LA VIE DE M. PASCAL.

ÉCRIT PAR

MADEMOISELLE MARGUERITE PERIER, SA NIÈCE.

  • Lorsque M. Pascal eut un an^, il luy arriva une chose

très extraordinaire. Sa mère estoit, quoy que très jeune, très pieuse et très charitable ; elle avoit grand nombre de pauvres familles à qui elle donnoit chacune une petite Somme par mois, et entre les pauvres femmes à qui elle faisoit ainsy la charité, il y en avoit une qui avoit la ré- putation d'estre sorcière : tout le monde le luy disoit ; mais sa mère, qui n'estoit point de ces femmes crédules et qui avoit beaucoup d'esprit, se mocquoit de ces avis, et continuoit toujours à luy faire l'aumosne. Dans ce 'temps-là il arriva que cet enfant tomba dans une langueur semblable à ce que l'on appelle à Paris tomber en chartre^ ; mais cette langueur estoit accompagnée de deux circon-

��1. he Premier Recueil Guerrier contient (p. dcxvii) une variante anonyme de cet incident, d'après un récit que Madame Perier aurait fait le 1 4 août 1 66 1 au Menil , maison de campagne près de Clermont ap- partenant à M. de la Blatterie. Onen trouvera le texte dans les Le<^res, Opuscules et Mémoires de madame Perier et de Jacqueline, sœur de Pas- cal, et de Marguerite Perier, sa nièce, publiés par P. Faugère, i845, p. 471-473-

2. Le récit anonyme dit : « Il n'avoit encore que deux ans. »

3. La Mothe-le-Vayer, dans son Hexameron rustique, explique ainsi, dit M. Adam (^Education de Pascal, 1888, p. 35, note 2) cette expression : « Les enfants, tombez en atrophies que nous disons estre en chartre, se portent aux Chartreux tous les vendredis de l'année. » (Oc l'intercession de quelques saints particuliers).

�� �