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Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/483

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subsistance sont dispensés de contribuer aux dépenses publiques. Les autres doivent les supporter progressivement, selon l’étendue de leur fortune. »


Robespierre, dit M. Sudre, adoptait ainsi toutes les mesures qui, dans l’esprit de leurs inventeurs, comme dans la réalité, constituent la transition de la propriété au communisme. Par l’application du Traité des lois de Platon, il s’acheminait, sans le savoir, vers la réalisation de l’état social décrit dans le livre de la République.

(On sait que Platon a fait deux livres : l’un pour signaler la perfection idéale — communauté des biens et des femmes — c’est le livre de la République ; l’autre pour enseigner les moyens de transition, c’est le Traité des lois.)

Robespierre peut être considéré, d’ailleurs, comme un enthousiaste de la calme, paisible et pure antiquité. Son discours même sur la Propriété abonde en déclamations du goût de celles-ci : « Aristide n’aurait pas envié les trésors de Crassus ! La chaumière de Fabricius n’a rien à envier au palais de Crassus ! » etc.

Une fois que Mirabeau et Robespierre attribuaient, en principe, au législateur la faculté de fixer la limite du droit de propriété, il importe peu de savoir à quel degré ils jugeaient opportun de placer cette limite. Il pouvait leur convenir de ne pas aller plus loin que le droit au travail, le droit à l’assistance et l’impôt progressif. Mais d’autres, plus conséquents, ne s’arrêtaient pas là. Si la loi, qui crée la propriété et en dispose, peut faire un pas vers l’égalité, pourquoi n’en ferait-elle pas deux ? Pourquoi ne réaliserait-elle pas l’égalité absolue ?

Aussi Robespierre fut dépassé par Saint-Just, cela devait être, et Saint-Just par Babeuf, cela devait être encore. Dans cette voie, il n’y a qu’un terme raisonnable. Il a été marqué par le divin Platon.

Saint-Just… mais je me laisse trop circonscrire dans la