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Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/481

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Elle s’explique, sans doute, par des causes étrangères à l’enseignement classique. Mais est-il permis de douter que cet enseignement n’y ait mêlé une foule d’idées fausses, de sentiments brutaux, d’utopies subversives, d’expérimentations fatales ? Qu’on lise les discours prononcés à l’Assemblée législative et à la Convention. C’est la langue de Rousseau et de Mably. Ce ne sont que prosopopées, invocations, apostrophes à Fabricius, à Caton, aux deux Brutus, aux Gracques, à Catilina. Va-t-on commettre une atrocité ? On trouve toujours, pour la glorifier, l’exemple d’un Romain. Ce que l’éducation a mis dans l’esprit passe dans les actes. Il est convenu que Sparte et Rome sont des modèles ; donc il faut les imiter ou les parodier. L’un veut instituer les jeux Olympiques, l’autre les lois agraires et un troisième le brouet noir dans les rues.

Je ne puis songer à épuiser ici cette question, bien digne qu’une main exercée y consacre autre chose qu’un pamphlet : « De l’influence des lettres grecques et latines sur l’esprit de nos révolutions. » Je dois me borner à quelques traits.

Deux grandes figures dominent la Révolution française et semblent la personnifier : Mirabeau et Robespierre. Quelle était leur doctrine sur la Propriété ?

Nous avons vu que les peuples qui, dans l’antiquité, avaient fondé leurs moyens d’existence sur la rapine et l’esclavage ne pouvaient rattacher la propriété à son véritable principe. Ils étaient obligés de la considérer comme un fait de convention, et ils la faisaient reposer sur la loi, ce qui permet d’y faire entrer l’esclavage et le vol, comme l’explique si naïvement Rollin.

Rousseau avait dit aussi : « La propriété est de convention et d’institution humaine, au lieu que la liberté est un don de la nature. »

Mirabeau professait la même doctrine :