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Page:Œuvres complètes, Impr. nat., Actes et Paroles, tome III.djvu/108

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lOO DEPUIS L’EXIL. — BRUXELLES. — 1871. II

PAS DE REPRÉSAILLES.

Cependant les hommes qui dominaient la Commune, la précipitent , sous prétexte de talion, dans l’arbitraire et dans la tyrannie. Tous les principes sont violés. Victor Hugo s’indigne , et sa protestation est reproduite par toute la presse libre de l’Europe. La voici :

Je ne fais point fléchir les mots auxquels je crois : Raison, progrès, honneur, loyauté, devoirs, droits. On ne va point au vrai par une route oblique. Sois juste } c’est ainsi qu’on sert la République } Le devoir envers elle est l’équité pour tous j Pas de colère 5 et nul n’est juste s’il n’est doux. La Révolution est une souveraine j Le peuple est un lutteur prodigieux qui traîne Le passé vers le gouffre et l’y pousse du pied. Soit. Mais je ne connais, dans l’ombre qui me sied, Pas d’autre majesté que toi, ma conscience. J’ai la foi. Ma candeur sort de l’expérience. Ceux que j’ai terrassés, je ne les brise pas. Mon cercle c’est mon droit, leur droit est mon compas j Qu’entre mes ennemis et moi tout s’équilibre j Si je les vois liés, je ne me sens pas libre j A demander pardon j’userais mes genoux Si je versais sur eux ce qu’ils jetaient sur nous. Jamais je ne dirai : — Citoyens, le principe Qui se dresse pour nous contre nous se dissipe j Honorons la droiture en la congédiant j La probité s’accouple avec l’expédient. — Je n’irai point cueillir, tant je craindrais les suites. Ma logique à la lèvre impure des jésuites j Jamais je ne dirai : — Voilons la vérité ! Jamais je ne dirai : — Ce traître a mérité. Parce qu’il fut pervers, que, moi, je sois inique j