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Calmann Lévy, éditeur (p. 245-262).


IV

UTILITÉ
D’UNE
ÉCOLE NORMALE D’ÉQUITATION[1]

Nous ne savons pas si un artiste doit s’excuser auprès du public d’avoir compris, par hasard, un beau matin, comme on dit, l’importance d’une question toute spéciale, et sur laquelle les pédants du métier pourraient bien l’accuser d’incompétence. Cependant, si la logique naturelle n’est pas un critérium applicable à tous les jugements humains, le public lui-même, qui n’est pas spécialement renseigné sur toutes les matières possibles, risque fort d’être regardé comme le plus incompétent de tous les juges ; et comme il n’est guère disposé à souffrir qu’on le récuse, comme, après tout, il n’est point de questions générales, de quelque nature qu’elles soient, qui ne lui soient soumises en dernier ressort, il faut bien que, entre lui et les travailleurs spéciaux, la critique remplisse son rôle et serve d’intermédiaire.

Ceci, à propos d’une courte brochure que vient d’écrire M. le vicomte d’Aure, et qui est le résumé de deux remarquables ouvrages précédemment publiés, le Traité d’équitation et le Traité sur l’industrie chevaline. À ceux qui ont suivi ces travaux et lu ces ouvrages, l’importance du sujet est suffisamment démontrée, soit qu’ils s’occupent de l’équitation comme art ou comme science, soit qu’ils l’envisagent sous son aspect militaire et politique, soit, enfin, qu’ils la considèrent sous le rapport de l’économie industrielle.

Cette brochure a pour but de faire comprendre au gouvernement l’indispensable utilité d’une école normale d’équitation. C’est au moyen d’une institution de ce genre que l’on créera des hommes spéciaux destinés à répandre le goût du cheval et les connaissances équestres dans les populations. Il s’agit de revenir à ce que l’on faisait autrefois, c’est-à-dire former des hommes en état de dresser et de mettre en valeur nos chevaux de luxe, et des consommateurs en état de s’en servir. À quoi ont abouti toutes les dépenses du gouvernement pour régénérer nos races de luxe, le jour où il n’a pas compris que la chose essentielle pour leur assurer la vogue était de créer des hommes en état d’en tirer parti ? Mais laissons parler M. d’Aure, sur les courses, considérées aujourd’hui comme le seul et unique moyen de régénération :

« On ne peut pas mettre en doute que les courses ne soient à présent plutôt une question de jeu qu’une amélioration de race ; il suffit, pour être édifié à cet égard, de voir comment les choses se passent aussi bien en Angleterre qu’en France.

» Le cheval de course est un dé sur lequel un joueur vient placer un enjeu considérable ; peu importe ce que deviendra plus tard le cheval ; ce à quoi l’on s’attache, c’est à lui faire subir une préparation ; les mettant dans le cas de concourir de bonne heure, et avec le plus de chances possible de vitesse. Si, en agissant ainsi le joueur peut y trouver son compte, l’amélioration de l’espèce doit-elle y trouver le sien ? Je ne le pense pas. Du reste, tous les hommes sensés et spéciaux de l’Angleterre reconnaissent que l’adoption d’un pareil système apporte la dégénérescence de leurs races ; ils s’aperçoivent que des sujets, soumis dès l’âge de deux ans à une préparation donnant une énergie factice et prématurée, sont ruinés pour la plupart, et retirent ainsi à la production une foule de sujets qui eussent été précieux s’ils avaient été élevés dans de meilleures conditions.

» N’en est-il pas de même, chez nous ? Que deviennent la plupart de ces chevaux de noble origine, élevés d’abord avec tant de frais ? Défleuris, estropiés, altérés dans leur santé par l’entraînement, ils sortent de l’hippodrome souvent pour être vendus à vil prix, et le produit de cette vente doit servir de dédommagement aux frais énormes faits pour leur éducation. Avec de semblables résultats, bien rares en exceptions, le jeu devient une conséquence ; ne faut-il pas se couvrir des frais exorbitants de l’entraînement et de toutes les chances défavorables qui en émanent, et chercher, dans le hasard, des chances pouvant devenir plus propices ; aussi, en France comme en Angleterre, le motif réel, essentiel des courses, a-t-il été effacé : ce n’est plus qu’un vaste champ d’agiotage subventionné chez nous par l’État.

» Après avoir fait naître une situation aussi aventureuse dans une industrie ne demandant, au contraire, que de la suite et du positif, quels avantages en a retirés l’État ? quel a été le prix des sacrifices faits pour soutenir une pareille institution ? Dans le nombre incalculable de chevaux tarés et estropiés par les exercices prématurés, il a trouvé, depuis quatorze ans, à acheter, à des prix souvent trop élevés, une cinquantaine d’étalons dont la plupart ont encore des qualités fort contestables comme reproducteurs. Cependant, si l’on fait le relevé des fonds versés par l’État depuis quatorze ans, les villes ayant des hippodromes, le roi, les princes et les sociétés, on pourrait évaluer à plusieurs millions les fonds employés à encourager une industrie, cause de ruine pour beaucoup de gens et n’ayant servi qu’à détériorer une race appelée à jeter des germes d’amélioration dans nos espèces… »

Et plus loin :

« Si tout le mérite du cheval était dans la vitesse, cette préoccupation serait excusable ; mais à quoi sert le meilleur coureur, quand il ne joint pas à cette qualité une bonne construction et de belles allures ? Repoussé pour la reproduction, ne trouvant pas même d’emploi chez celui qui l’élève, il ne sert qu’à engager des paris et à compromettre ainsi la fortune de celui auquel il appartient.

» Rien ne pourrait mieux faire naître le doute, qu’un mode amenant d’aussi tristes résultats. En tout état de cause, à quoi sert d’obtenir un degré de plus grande vitesse parmi les individus d’une même race et tous soumis aux mêmes conditions ? seront-ils pour cela plus de pur sang ?

» Si la lutte s’établissait entre des chevaux d’espèce différente, et que deux systèmes fussent en présence, je comprendrais fort bien alors les luttes à outrance pour faire prévaloir un de ces deux systèmes ; mais ici tout le monde est d’accord ; et l’on tient si fortement à l’être, que, dans les concours, on n’admet pas un cheval dont l’origine ne soit bien constatée, tant on craint de réveiller la controverse, si un cheval dont l’origine serait douteuse était vainqueur. »

Voilà donc pourtant où nous en sommes ; voilà le résultat de ces grands moyens d’amélioration, considérés aujourd’hui comme la panacée universelle. M. d’Aure, qui admet bien les épreuves de courses pour certains chevaux, voudrait cependant aussi que des primes, des encouragements fussent accordés à des chevaux qui ne peuvent et ne doivent pas être achetés comme étalons, et qui sont destinés à entrer dans la consommation. Cet encouragement serait certainement le meilleur, car l’éducation donnée à nos chevaux indigènes contribuerait puissamment à combattre la concurrence étrangère.

Laissons encore parler M. d’Aure :

« Pourquoi, en exigeant quelques preuves d’énergie, ne pas primer aussi les allures, la construction, le dressage et la bonne condition ? Le cheval une fois soumis à des exercices qui ne serviraient qu’à le mettre en valeur, une grande concurrence s’établirait alors pour obtenir un prix, et, si on ne l’obtenait pas, on disposerait, en tout état de cause, le cheval à une vente facile et avantageuse. Dans cette hypothèse, il n’est pas douteux qu’une foule de chevaux ne soient achetés par le consommateur à un prix souvent beaucoup plus élevé que ne sont vendus annuellement au haras quelques étalons. »

De quelque manière que soit envisagée cette grande question, la création d’hommes spéciaux est une chose indispensable. Quand bien même nous enlèverions à l’équitation son importance sous le point de vue d’économie industrielle, ou sous le point de vue militaire et politique, elle a encore une valeur immense sous le point de vue artistique.

L’équitation est, en effet, une science et un art. C’est un art pour celui qui dispose du cheval tout dressé. C’est une science pour le professeur, qui dresse et l’homme et le cheval. Le professeur a donc à créer l’instrument et le virtuose : il faut qu’il possède à fond la physiologie du cheval ; faute de quoi, il est exposé à demander violemment à certains individus ce que leur conformation, des défauts naturels ou des tares peu apparents leur interdisent de faire avec spontanéité. L’ignorance de l’éducateur, inattentif à ces imperfections ou à ces particularités, provoque infailliblement chez des animaux, peut-être généreux et dociles d’ailleurs, la souffrance, la révolte et une irritation de caractère qu’eux-mêmes ne peuvent plus gouverner.

Mais comment s’étonnerait-on que l’éducation des bêtes, de ces instruments passifs et muets de nos indiscrètes volontés, ne fût pas souvent prise à rebours, lorsque, nous qui avons le raisonnement et la parole pour nous défendre et nous justifier, nous sommes si mal compris et si mal menés par les prétendus éducateurs du genre humain ? Un bon cheval, intelligent et fin, est un instrument à perfectionner. Une main brutale ne saurait en tirer parti ; un artiste habile en développe la délicatesse et la puissance. Dans ce noble et vivifiant exercice, l’écuyer expérimenté sent qu’il y a là, comme dans tous les arts, un progrès continuel à faire, une perfection de plus en plus difficile à atteindre, de plus en plus attrayante à chercher. C’est un champ illimité pour l’étude et l’observation des instincts et des ressources de cet admirable instrument, de cet instrument qui vit, qui comprend, qui répond, qui progresse, qui entend, qui retient, qui devine, qui raisonne presque ; le plus beau, le plus intelligent des animaux qui peuvent nous rendre un service immédiat en nous consacrant leurs forces.

Ceux qui n’ont aucune notion de cet art du cavalier s’imaginent que l’équilibre résultant de l’habitude, la force musculaire et l’intrépidité suffisent. La première de ces qualités est la seule indispensable. Elle l’est, à la vérité, mais elle est loin de suppléer à la connaissance des moyens ; et, quant à l’emploi de la force et de l’audace, il est souvent plus dangereux qu’utile. Une femme délicate, un enfant, peuvent manier un cheval vigoureux s’il est convenablement dressé, et s’ils ont l’instruction nécessaire. Les qualités naturelles sont : la prudence, le sang-froid, la patience, l’attention, la souplesse, l’intelligence des moyens et la délicatesse du toucher, car ce mot de pratique instrumentale peut très-bien s’appliquer au maniement de la bouche du cheval ; et, tandis que l’ignorance croit n’avoir qu’à exciter et à braver l’exaspération du coursier, la science constate qu’il s’agit, au contraire, de calmer cette créature impétueuse, de la dominer paisiblement, de l’assouplir, de la persuader pour ainsi dire, et de l’amener ainsi à exécuter toutes les volontés du cavalier avec une sorte de zèle et de généreux plaisir.

Qu’on nous permette encore un mot sur la question d’art. Il y a dans l’équitation, comme dans tout, une bonne et une mauvaise manière, ou plutôt il y a cent mauvaises manières et une seule bonne, celle que la logique gouverne. Cependant l’erreur prévaut souvent, et la logique proteste en vain. Certain professeur, naguère au pinacle, et qui n’a pas craint de soumettre sa méthode, incarnée en sa personne, aux applaudissements et aux sifflets d’une salle de spectacle, avait obtenu des résultats en apparence merveilleux, tout en ressuscitant et en exagérant des procédés à la mode sous Louis XIII. Le cheval réduit à l’état de machine entre ses mains et entre ses jambes, entièrement dénaturé, raidi là où la nature l’avait fait souple, brisé là où il devait être ferme, déformé en réalité et comme crispé dans une attitude contrainte et bizarre, exécutait, comme une mécanique à ressorts, tous les mouvements que l’écuyer, espèce d’homme à ressorts aussi, lui imprimait au grand ébahissement des spectateurs. Cela était fort curieux, en effet, et ce puéril travail, considéré comme étude de fantaisie, pouvait fort bien défrayer le spectacle de Franconi parmi les diverses exhibitions de chevaux savants.

Jusque-là, rien de mieux : M. Baucher méritait les applaudissements pour avoir montré un si remarquable asservissement des facultés du cheval aux volontés de l’homme. Malheureusement le public s’imagina que c’était là de l’équitation, et qu’un spécimen de l’exagération à laquelle on pouvait parvenir en ce genre était la vraie, la seule base de l’éducation hippique. Des hommes réputés spéciaux se le laissèrent persuader par l’engouement, et l’inventeur du système finit par le croire lui-même en se voyant pris au sérieux.

C’est donc d’une mauvaise manière, de la pire de toutes peut-être, que ces hommes prétendus compétents se sont récemment enthousiasmés aux dépens et dommages de l’État. Cette incroyable erreur ne signale que trop la décadence où sont tombés aujourd’hui l’art de l’équitation et la science de l’hippiatrique ; car ces choses qu’on a voulu désunir sont indissolublement solidaires l’une de l’autre. Avant de dresser un cheval, il faut savoir : 1° ce que c’est que le cheval en général ; 2° ce qu’est en particulier l’individu soumis à l’éducation. Nous avons dit comment la connaissance de l’individu était indispensable lorsqu’on ne voulait pas s’exposer à lui demander autre chose que ce qu’il pouvait exécuter. Quant au cheval en général, nous disons que c’est un être énergique, irritable, généreux, par conséquent. On pourrait presque dire de lui, que c’est, après l’homme, un être libre, puisqu’il est susceptible d’abjurer la liberté naturelle de l’état sauvage et d’aimer non-seulement la domesticité, mais l’éducation. Aimer est le mot, et les poëtes n’ont fait ni métaphore ni paradoxe en dépeignant son ardeur dans le combat et son orgueil dans l’arène du tournoi. Autant un cheval courroucé par une éducation abrutissante se montre colère, vindicatif et perfide, autant celui qui n’a jamais éprouvé que de bons traitements et que l’on instruit avec logique, patience et clarté, répond aux leçons avec zèle et attrait.

Il s’agit donc de faire de cet être intelligent un être instruit, et, pour cela, il ne faudrait pas oublier qu’on s’adresse à une sorte d’intelligence et non à une sorte de machine construite de main d’homme et qu’il soit donné à l’homme de modifier dans son essence. La main de Dieu a passé par là, elle a imprimé à cette race d’êtres un cachet de beauté et des aptitudes particulières que l’homme, appelé à gouverner les créatures secondaires, ne peut fausser sans contrarier et gâter l’œuvre de la nature ; c’est là une loi inviolable dans tous nos arts, dans tous nos travaux, dans toutes nos inventions. Le cheval est fait pour se porter en avant, pour aspirer l’air avec liberté, pour gagner en grâce, en force, en souplesse, à mesure qu’on règle ses allures ; mais régler, c’est développer. Cela est vrai pour la bête et pour l’homme. La science vraie de l’écuyer consiste donc, en deux mots, à rendre sa monture docile en augmentant son énergie.

Nous ne pouvions rendre compte d’une brochure qui est le résumé rapide des travaux précédents et de l’expérience de toute la vie de l’auteur, sans résumer de notre côté ses principes sur l’équitation. M. d’Aure est un praticien sérieux qui a étudié sa spécialité sous ses rapports les plus profonds. Il a porté dans ses études et dans sa pratique une véritable ferveur d’artiste, des convictions fondées, la persévérance et le désintéressement qui caractérisent ceux qui sentent vivement l’utile, le beau et le vrai de leur vocation.

Dans un excellent traité sur l’industrie chevaline, écrit avec une clarté remarquable, et rempli de vues historiques ingénieuses et intéressantes, M. d’Aure a vu en grand et traité en maître cette question de l’amélioration des races que nous résumerions, nous, communistes, dans les termes suivants : « Socialisation d’un des instruments du travail de l’homme. » On ne niera pas que le cheval ne soit un de ces instruments de travail qu’aucune machine n’est de longtemps appelée à remplacer absolument. Il est heureux sans doute que le génie de l’industrie arrive de plus en plus à substituer les machines à l’emploi abusif qui a été fait et qui se fait encore des forces vitales. Mais, tandis qu’on se préoccupe aujourd’hui de supprimer par les machines la dépense qu’exige l’entretien de ces forces vitales, on ne s’aperçoit pas qu’on les laisse se détériorer et se perdre, lorsque, pour longtemps encore, on en a un besoin essentiel. On oublie que, pour des siècles encore, le cheval sera indispensable au travail humain, au service des armées, à l’agriculture, aux transports de fardeaux, aux voyages, etc. ; et, lorsque cette noble espèce ne sera plus dans les mains de nos descendants que ce qu’elle doit être en effet, c’est-à-dire un moyen de plaisir, et son éducation perfectionnée une pratique d’art accessible à tous, nous aurons été forcés d’épuiser encore bien des générations de ces laborieux animaux, avant d’arriver à supprimer l’excès de leur travail. Ne dirait-on pas, à voir l’état de décadence où l’on a laissé tomber la production chevaline, que nous sommes à la veille d’entrer dans cet Eldorado de machines, où tout se fera à l’aide de la vapeur, depuis le transport des cathédrales jusqu’à l’office du barbier ?

Quel est donc le résultat social qu’il faudrait atteindre pour réhabiliter l’industrie chevaline, à peu près perdue depuis la révolution et particulièrement depuis 1830 ? Encourager la production, renouveler et conserver nos belles races indigènes, qui, dans peu d’années, auront entièrement disparu si on n’y prend garde ; donner aux cultivateurs et aux éleveurs de chevaux les moyens de faire de bons élèves ; enfin créer, comme on l’a déjà dit, une classe d’éducateurs spéciaux, sans laquelle le producteur ne peut donner au cheval la valeur d’un instrument complet, mis en état de service et de durée ; sans laquelle aussi le consommateur ne saura jamais entretenir les ressources de sa monture. Nous en avons dit assez au commencement de cet article pour prouver que, sans l’éducation, le cheval est d’un mauvais service, et qu’entre les mains d’un bon éducateur et d’un bon cavalier, sa valeur augmente, ses forces se décuplent et se conservent. Il y aurait une sage économie générale à répandre ces connaissances dans notre peuple. Les riches n’y songent guère, ils ne se contentent pas de se servir exclusivement de chevaux anglais, il leur faut des cochers et des jockeys d’outre-Manche. Il est vrai qu’on trouverait difficilement aujourd’hui chez nous des hommes de cheval entendus. À qui la faute ?

Pour prouver la nécessité de ces mesures, il suffit de montrer le désordre, l’incurie, et tous les fâcheux résultats de la concurrence aveugle et inintelligente, l’absence d’encouragements bien entendus, de dépenses utiles, d’initiative éclairée, et de vues sociales et patriotiques de la part de l’État.

Nous ne prétendons pas que M. d’Aure ait songé à accuser, de notre point de vue, le régime de la concurrence et à invoquer les solutions sociales qui nous préoccupent ; mais, par la force rigoureuse de la logique qui est au fond de toutes les questions approfondies, ses démonstrations arrivent à prouver la nécessité de l’initiative sociale dans la question qu’il traite. Si l’on apportait sur toutes les spécialités possibles des travaux aussi complets et des calculs aussi certains, tous ces travaux d’analyse aboutiraient à la même conclusion synthétique : à savoir, que la concurrence est destructive de toute industrie, de tout progrès, de toute richesse nationale, et qu’il faut, pour régler la production et la consommation, que la sagesse et la prévoyance de l’État interviennent, règlent et dirigent.

  1. Par le comte d’Aure. In-8°, 1845.